Aujourd'hui nous voyons ushtrasana, la posture du chameau. Souvent assimilée à une posture de yoga avancée, nous verrons comment l'adapter et j'essaierai de vous convaincre qu'elle n'est finalement pas si méchante 🐫

Comme toujours, il faut rester connecté à ses sensations, beaucoup d'écoute, éviter de forcer. On ne se fait violence ni au niveau physique, ni au niveau psychologique. Si la peur vous bloque pour réaliser la posture du chameau, prenez cela en compte au même titre qu'une limite physique. Le fait de se dire "c'est dans la tête" donc je passe outre n'aide pas à dépasser une crainte. La voie du yoga c'est une voie de connaissance et de développement de sa sensibilité. Faire de jolies postures comme sur les photos n'est vraiment pas l'objectif !

Pourquoi l’appelle-t-on posture du chameau ?

Ce que dit le sanskrit

Au niveau traduction on est bons, ushtra signifie bien « chameau » en sanskrit. Mais savez-vous que cet asana a 2 noms ?

La posture du chameau, ushtrasana (उष्ट्रासन), est aussi appelée « ditryasana », la posture de la fermeté.

Cela fait référence aux qualités que l’on doit développer pour la tenir et qui pourront être développées en la prenant.

Les qualités du chameau

La fermeté, l’endurance, la force. Tel un chameau qui se prépare à une longue traversée du désert, le yogi qui peut apprivoiser ushtrasana devra s’armer de patience, persévérer dans l’adversité et comprendre que forcer ne sert à rien.

Il s’agit d’un marathon et non d’un sprint.

La posture du chameau peut être inconfortable au niveau du corps, mais aussi au niveau du souffle. Cette position avec la gorge ouverte n’est pas toujours confortable, et certaines personnes ne peuvent carrément pas respirer dans cet asana ! Il faut donc prendre le temps de découvrir les zones de gêne, de les travailler, d’allier douceur et persévérance pour parvenir à dompter la bête.

Le chameau c'est aussi celui qui porte les charges des autres... Une petite réflexion à ce sujet dans un article plus lié à la philosophie !

Peu de références écrites à la posture du chameau

Les grands textes du yoga ne sont pas très bavards au sujet de la posture du chameau. Il faut dire que la plupart d’entre eux développent avant tout les postures assises, dans lesquelles on peut s’installer durablement pour effectuer les exercices de pranayama ou des pratiques de concentration. On y trouve peau d’allusions au chameau, et encore moins d’explication. Il faut donc se reposer sur les enseignements oraux qui sont parvenus jusqu’à nous pour pouvoir parler d’ushtrasana.

 

Apprendre à faire ushtrasana, la posture du chameau

 

ushtrasana

Ushtrasana, la posture du chameau

 

  1. On commence en vajrasana, posture du diamant, c’est-à-dire assis sur les talons. Idéalement les orteils sont allongés, mais en pratique beaucoup de personnes ne peuvent réaliser la posture du chameau qu’en prenant appui sur les orteils. Ainsi le talon est plus haut et la flexion du bas du dos peut être plus légère.
  2. En expirant, on garde les yeux fixés sur un point face à soi et les mains viennent se poser sur les talons.
  3. Sur une nouvelle expiration, on laisse partir la tête vers l’arrière.
  4. Le bassin doit constamment pousser vers l’avant, c’est l’un des points les plus importants et pourtant souvent négligé dans ushtrasana.
  5. On essaiera de s’immobiliser, de maintenir mudras, bandhas et drishtis habituels et de garder une respiration maîtrisée. Un simple allongement des souffles avec ujjayin est déjà efficace. Mieux vaut un rythme simple comme 4 temps d’inspiration et 8 d’expiration que des arrêts de souffle qui gênent la posture. Lorsque la posture devient plus aisée, on peut rentrer dans des rythmes type 4/16/8.
  6. Pour quitter la posture, on ramène le regard vers l’avant, et on revient en vajrasana.

Pensez toujours à marquer un temps d’immobilité, d’intériorité lorsque vous quittez une posture.

C’est peut-être ce qu’il y a de plus important dans une séance de yoga, ces espaces d’observation dans lesquels le discours intérieur ne s’est pas encore remis en route.

Contre-indications et bienfaits de la posture du chameau

Limites physiques et mentales dans uhstrasana

Ushtrasana semble vraiment difficile à réaliser pour les personnes qui ont des difficultés à laisser aller la tête en arrière.

C’est plus une limite mentale que physique…

Peu de personnes sont dans l’incapacité physique de réaliser la posture, car elle est simple à adapter.

Pour l'aménager, gardez les grands principes :

La posture sur les genoux (s’ils sont sensibles mettre une couverture dessous).

La poussée du bassin vers l’avant.

Les mains en appui vers l’arrière : idéalement sur les talons mais dans un premier temps on peut les placer sur un support.

 

 

chameau yoga

La posture du chameau avec les orteils rétractés, plus facile à réaliser

 

Quant au placement de la tête, il est toujours possible d’y aller progressivement pour la laisser aller vers l’arrière.

Les avantages à réaliser ushtrasana

On commence par les trucs sympas ! Sisi il y en a, je vous assure.

  • Excellente posture pour le système immunitaire
  • Tonifie la colonne vertébrale
  • Améliore la digestion
  • Elle est également réputée pour soulager les douleurs lors des règles
  • Sur le long terme, améliore la posture, la verticalité
  • Augmente le niveau d’énergie, diminue la fatigue

Les cas où il faut éviter ushtrasana

  • En cas de problèmes de dos et en particulier de hernie discale, la posture du chameau est déconseillée car elle oblige à exercer une pression sur les disques inter vertébraux.
  • Si l’appui sur les genoux est douloureux, on évitera la posture du chameau.
  • Les personnes ayant subi une opération du ventre devront attendre une cicatrisation complète avant de réaliser ushtrasana.

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