Prendre du temps pour soi est peut-être l’un des grands challenges actuels ! Avec un rythme de vie qui semble s’accélérer sans cesse et qui nous met dans un état de stress permanent, comment revenir à ses besoins fondamentaux et développer des espaces pour se ressourcer, se détendre, simplement profiter du moment présent ?

Voici quelques conseils pour se libérer du diktat du temps et de la productivité, axés sur la pratique du yoga mais complètement valables pour toute personne qui souhaite simplement ralentir pour recharger ses batteries.

Prendre du temps pour soi, qu’est-ce que ça veut dire ?

Avec cette expression un peu fourre-tout, que veut-on dire ?

Prendre du temps pour soi est souvent synonyme de détente, relaxation, absence d’obligation. Mais cette forme de détente qui est souvent mise en avant ne convient pas à tout le monde et n’est pas toujours la meilleure manière de se ressourcer. Tout dépend des aspirations et du tempérament de chacun…

Quand considère-t-on que l’on prend du temps pour soi ?

Prendre du temps pour soi c’est quoi pour vous ? C’est une vraie question qu’il faut prendre le temps de se poser.

Est-ce développer une compétence, ou juste un moment sans contrainte ?

Est-ce faire une activité qui nous nourrit, ne rien faire ?

Prendre du temps pour soi c’est toujours libérer un moment dans lequel il n’y a pas de contrainte, pas d’obligation et pas de forme de pression à subir.

C’est seulement une invitation à vous questionner sur la manière dont vous voulez passer ce temps. Si c’est vraiment votre espace, votre moment, déterminez de quoi il s’agit : temps libre, développement d’une compétence, envie de passer un moment avec un proche, etc. En sachant quel est votre but, ce que vous attendez de ce temps, vous pourrez en profiter.

Pourquoi est-ce essentiel de prendre du temps pour soi ?

Difficile de prendre du temps pour soi sans se sentir coupable. Parce que se recentrer sur soi, c’est dire non à autre chose. C’est savoir dire non aux autres pour se dire oui à soi. C’est oser prendre en compte ses émotions, son équilibre, et aussi (encore plus compliqué !) remettre au cœur de cet instant la notion de plaisir.

La gestion de nos priorités paraît parfois dictée par l’extérieur.

Trouver son équilibre n’est pas aisé quand les injonctions du monde qui nous crie ce que nous devrions être viennent se heurter à ce que nous voulons devenir.

Je pense que l’une des clefs est de ne pas voir le fait de prendre du temps pour soi comme un acte égoïste. Vous libérer des moments à vous régulièrement permet d’être moins stressé, moins épuisé, et donc plus disponible à soi et pour les autres.

Il est évident que vous serez plus à même de répondre positivement aux sollicitations si vous êtes reposé physiquement et mentalement et si vous avez assouvi votre besoin de solitude !

Le bien-être physique, mental et émotionnel doit être cultivé. Quant aux méthodes, chacun aura les siennes. Le yoga est réputé pour cela. D’autres techniques ont fait leurs preuves.

L’exemple du yoga

Personnellement j’ai débuté le yoga pour retrouver un certain calme. Il est arrivé dans ma vie à un stade où je manquais de motivations pour avancer, d’estime de moi pour mener à bien des projets, j’étais proche du burn out et très stressée et épuisée. La bouffée de bien-être a été immédiate.

Ce n’est qu’ensuite que j’ai compris que cette discipline pouvait me mener beaucoup plus loin sur le chemin de la connaissance de moi-même. Je pense aujourd’hui que pour mieux se connaître, il faut avoir envie de se connaître 😉 Et pour avoir cette envie il faut s’estimer suffisamment pour avoir un élan, une motivation.

Ensuite, il faut que les principaux problèmes physiques soient résolus. Il faut également avoir une certaine stabilité émotionnelle. C’est cela que je trouve magique dans la pratique : on commence pour une raison, et lorsque les problèmes se résolvent, la recherche de bien-être débouche immanquablement sur une recherche de connaissance.

Donc revenons au yoga. Si vous considérez que faire du yoga c’est véritablement prendre un temps pour vous, je vous donne quelques astuces pour créer ce moment. Si ce n’est pas le cas vous pouvez continuer à lire cet article en remplaçant le mot yoga par ce qui compte pour vous ! 😊

 

Prendre du temps pour soi pour pratiquer le yoga (ou une autre activité)

En pensant ne pas avoir le temps, on se ferme à une discipline qui peut apporter beaucoup.

Pour certains d’entre vous, le fait de ne pas avoir le temps de pratiquer est un vrai problème. C’est dommage, parce que le yoga devient seulement une chose de plus à faire. Je vous donne quelques pistes pour que ce ne soit plus le cas, pour mettre davantage de yoga dans le quotidien avec plaisir.

Trouver sa motivation profonde

Bien sûr on ne pratique pas seulement pour être mieux, plus en forme, etc., mais ce sont des effets secondaires sympas qui poussent la plupart des gens à débuter le yoga.

Ensuite la partie plus spirituelle, liée à la connaissance de soi, à la compréhension de ses fonctionnements viendra peut être, mais en fait peu importe.

Le but n’est pas de faire du yoga parce qu’on nous dit que c’est bien, il faut y trouver un intérêt, un plaisir.

Bref, pas d’obligation à pratiquer, donc commencez par vous demander pourquoi vous voulez vous y mettre. Si vous ne pratiquez pas tous les jours spontanément c’est que ça demande un effort et que cet effort surpasse le bénéfice attendu.

Si vous aimez une activité, vous appréciez le fait de la pratiquer sans attendre de résultat. Le plaisir de faire suffit pour vous faire lever de votre canapé. Si l'on pratique seulement dans l'attente d'un objectif, c'est purement fonctionnel, ce n'est pas du temps pour soi mais une contrainte de plus dans l'emploi du temps. Dans ce cas, mieux vaut changer d'activité pour concilier le plaisir (la pratique) et le cheminement vers un but.

Clarifiez : est-ce que c’est une discipline qui est faite pour vous ? Si ce n’est pas parfait, peut-être pouvez-vous trouver ce qui vous plaît dans le yoga, développer davantage cet aspect. Ou trouver une discipline qui va plus dans ce sens.

Par exemple pour être souple il faut faire du stretching, pas du yoga. Si vous avez envie de ne travailler que les étirements, que la maîtrise du souffle et la philo vous ennuient profondément, ce sera plus adapté. Je demande toujours aux personnes qui disent vouloir se mettre au yoga quelles sont leurs motivations. Et bien souvent, elle se tournent vers une autre discipline qui répond mieux à leurs goûts et objectifs !

Trouvez votre "pourquoi" et faites en sorte de  vous le remémorer régulièrement pour conserver la motivation.

Prendre du temps pour soi, c’est aller vers le plaisir

Retrouvez la joie de pratiquer !

Ne tombez pas dans le piège d'associer la pratique à la contrainte.

J'ai un petit truc pour voir si le plaisir revient dans une activité. Je me fixe une plage de temps, 2-3 semaines minimum, durant laquelle je ne m'impose rien concernant cette activité. C'est assez efficace pour voir si l'envie est vraiment là.

Rendez cela facile. Ce qui nous freine souvent, c’est ne pas savoir quoi faire et la complexité de mise en place.

Pour le yoga c'est assez simple. Gardez un tapis de sorti, apprenez à rester minimaliste en termes d'équipement pour ne pas avoir ce prétexte de "je n'ai pas tout ce qu'il faut". Sans rire, j'ai déjà entendu des gens dire ne pas pouvoir pratiquer le yoga sans brique, sans coussin ou sans petit coussinet pour les yeux. C'est un peu dommage... Votre corps et votre souffle suffisent !

Prévenez les personnes autour de ne pas venir vous déranger.

Si vous êtes débutant, prévoyez deux ou trois pratiques simples, agréables et bien connues pour ne pas vous sentir perdu en cours de route.

Si vous pratiquez depuis longtemps et que la technique n’est plus un problème, c’est peut être bien pour ne pas avoir à réfléchir de débuter toujours par la même pratique, qui permet un genre de transition entre la journée et la séance de yoga.

 

Comment mettre en place l’habitude de prendre du temps pour soi ?

Levez les obstacles qui vous empêchent de prendre du temps pour vous. Certains sont internes, d'autres externes. Nous pouvons cependant nous appliquer à faire au mieux en prenant en compte notre état dans l'instant.

Prendre du temps pour moi, ce n’est pas légitime

Vous pensez que vous avez déjà du temps pour vous, mais combien de petites actions quotidiennes vous donnent la sensation de ne rien accomplir sans pour autant rentrer dans cette définition du « temps pour soi » ?

La clef est de couper ce qui n’est pas indispensable.

Une activité que vous faites par habitude mais que vous n’appréciez que moyennement par exemple. Vous faites du sport à la salle et vous détestez cela, alors que vous pouvez joindre l’utile à l’agréable en trouvent une activité qui vous plaît et vous nourrit.

La joie des écrans

S’il y a bien des voleurs de temps, ce sont les écrans…

Je suis impressionnée par la facilité avec laquelle on prend son téléphone pour faire une recherche, ce qui amène à scroller pendant de longues minutes puis de longues heures pour les plus accros.

Cette simple prise de conscience que ce temps est « volé » sur d’autres passions plus nourrissantes ou simplement sur des espaces de vide, des temps pour soi qui n’ont pas nécessairement à être remplis, aide déjà à réduire la dose.

Ensuite on peut évidemment installer une appli qui nous dit combien de temps nous passons sur les écrans par jour, juste histoire d’être un peu surpris par les chiffres.

On peut aussi faire le choix conscients de laisser plus d’espaces libres pour ne pas rentrer dans cette frénésie, dans cette nécessité de remplir chaque seconde de libre.

Si vous avez une minute d’attente, il est possible de ne rien faire ou simplement de se centrer sur sa respiration au lieu de regarder els notifications. Que se passe-t-il dans les 2 cas ?

Dans le premier, vous subissez une minute d’ennui.

Dans le second vous réactivez la moulinette mentale en ayant un stimulus fort, en vous sentant obligé de répondre (peut-être) et ensuite en prenant une action : réponse, recherche complémentaire, les pensées fusent dans tous les sens. Bref : au lieu de vous être accordé un instant de vide vous avez recréé une pression mentale inutile.

Le besoin de stimulation

Tout cela nous amène à cette réflexion : le besoin de stimulation est fort, c’est pour cela que nous avons du mal avec l’ennui et les moments de vide.

Et ça, on ne peut pas y faire grand-chose, l’humain aime la nouveauté tout comme un plat de frites croustillantes est plus séduisant (pour la majorité des gens) qu’un plat de brocolis bouillis.

C’est ce croustillant que l’on recherche dans la frénésie du quotidien. Prendre un temps lent pour soi est parfois synonyme de brocolis à l’eau… Tandis que la nouvelle obligation ou la nouvelle activité inutile qui mais donne un petit pic d’adrénaline, ce sont nos frites. A long terme, manger autant de frites peut nuire à la santé. De temps en temps, c’est ok. Alors comment trouver le goût du brocolis (euh, pardon, du temps pour soi) agréable ?

Le goût peut s’éduquer. Une nouvelle saveur est surprenante et parfois un peu déstabilisante, mais si l’on savoure régulièrement plat sain ou une activité réellement ressourçante, la bonne habitude devient agréable.

Ensuite, il y a 10 000 manières de pratiquer. Si par exemple vous voulez prendre un temps pour vous en pratiquant le yoga plus souvent, c’est une discipline très riche qui propose tellement de possibilités qu'on trouvera forcément une pratique qui nous tente à un instant donné. Vous pouvez faire une posture, un exercice de respiration, chanter un mantra, lire un texte inspirant, travailler la concentration, faire une séance de yoga nidra, etc. Vous n’êtes pas centré sur une unique chose à faire, vous pouvez choisir chaque jour dans ce panel de techniques celle qui est la plus à même de vous faire entrer dans la pratique.

Je crois que beaucoup d'activités permettent cette variété. En musique, on peut choisir de travailler le solfège, ses gammes, un point technique, son oreille, travailler un morceau en particulier, etc.

Régénérer sa pratique est important. Pratiquer la même chose une quinzaine de jours permet de s’installer confortablement dans une pratique de yoga, et apporter des modifications ensuite permet de ne jamais passer en mode automatique, et donc de perdre son intérêt et sa concentration pour la discipline.

Si vous ne savez pas que les frites existent, les brocolis peuvent être délicieux. Ce n’est que la comparaison qui vous pousse à vouloir autre chose. Si chaque jour vous fixez un temps pour vous dans lequel vous vous appliquez à être simplement en votre propre compagnie sans rien faire de particulier, c’est une saveur que vous apprendrez à apprécier pour elle-même à partir du moment où ce temps n’entre pas en compétition avec un temps de sur-stimulation. En gros, vous optez pour la formule brocolis + une portion de frites plus petite.

Enfin, rien ne vous empêche d’épicer vos brocolis. Trouvez ce qui vous fait vibrer dans la pratique, et accentuez ce point. Chaque jour, avant de vous y mettre, décidez comment vous allez épicer votre plat selon l’humeur et l’envie du moment. Ainsi le temps pour soi est vraiment un temps de plaisir, et pas une obligation supplémentaire dans un emploi du temps déjà plein à craquer.

Un exemple avec le yoga

Pour que cette activité qui vous permet réellement de vous ressourcer devienne une habitude, commencez par déterminer quelle est la plus petite action possible que vous pouvez faire pour déclencher l’envie.

Un exemple : dérouler le tapis de yoga.

Action suivante : vous asseoir et énoncer mentalement votre pourquoi.

Si vous le sentez vous continuez, sinon vous laissez tomber et c’est ok.

Ensuite vous prendrez l’habitude de pratiquer ainsi, de plus en plus

Vous retrouverez le plaisir et renforcerez votre détermination, votre "pourquoi".

Vous aimerez le processus sans être attaché seulement au résultat.

Mettre en pratique ce simple conseil

  • Déterminez si vous avez besoin de prendre du temps pour vous, ce n’est pas le cas de tout le monde, en fait. Pas d’obligation. Déterminez pourquoi il est essentiel de prendre du temps pour soi dans le contexte actuel.

 

  • Ensuite trouvez une activité qui vous ressource ou une absence d’activité, en tout cas un cadre qui vous permette de vraiment vous régénérer. Pour moi, la pratique du yoga est un bon moyen, mais pour vous c’est peut-être aller faire tomber des dents sur un ring de boxe, chacun son truc !

 

  • Trouvez pourquoi vous voulez faire cette activité, ce qu’elle vous apporte. Vous pouvez le noter, visualiser ce pourquoi sous la forme d’une image, peu importe mais vous devez pouvoir vous le remémorer fréquemment.

 

  • Dès qu’un voleur de temps se présente, pensez à cette activité et pensez que le temps dégagé sur des activités non essentielles, faites par habitudes ou apportant seulement de la satisfaction immédiate pourra être dédié à ce temps pour vous.

 

  • Déterminez, le moment venu, la plus petite action possible à faire pour amorcer l’activité. Ne vous dites pas » je vais faire une heure de yoga » mais « je vais dérouler mon tapis de yoga ». C’est beaucoup plus accessible, sans engagement et le cerveau ne se rebelle pas en jugeant la tâche insurmontable.

 

  • Savourez ! Prenez du plaisir dans ce que vous faites, goûtez chaque instant et quand vous êtes rassasié de ce temps pour vous, ne vous forcez pas à poursuivre.

Maintenant si vous pensez toujours que vous n’avez pas le temps de faire du yoga, je vous invite à lire cet article beaucoup plus concis sur le sujet. Et si vous avez besoin de changer votre vision du temps, vous pouvez écouter le podcast que j’ai réalisé sur le sujet.

Prenez soin de vous, prenez du temps pour vous lorsque c’est nécessaire tout en cultivant l’ouverture. Prendre un temps pour soi, ce n’est pas se replier dans sa carapace pour fuir le monde. C’est plonger en soi pour se régénérer et pouvoir ensuite faire un pas vers le monde avec une vraie sérénité et une plus grande stabilité !

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