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L’équilibre entre contrôle et lâcher prise

On entend souvent dire qu’en yoga ou en méditation, le plus important est de lâcher prise. Ce n’est pas un état que l’on peut obtenir sur commande, dès qu’on le recherche il disparaît ! La proposition est plutôt de commencer par ce que l’on sait faire (contrôle) afin d’aller vers des terres inconnues (lâcher prise) mais ce voyage en soi doit se faire de manière progressive pour être profitable.

Comme la corde de la vina de Sarasvati (cf image) qui ne doit pas être trop ni trop peu tendue, l’esprit doit trouver le juste équilibre entre effort et lâcher prise.

Le hatha yoga, une discipline rigoureuse

Le yoga tel que nous le connaissons en Occident semble être une gym douce ou à l’inverse une discipline quasi sportive qui permet de se vider la tête en effectuant des mouvements. Le hatha yoga traditionnel est bien loin de ces deux extrêmes : il met l’accent sur la synchronisation de 3 éléments : le corps avec la prise d’une posture définie, le souffle avec un rythme, une respiration imposée, et le mental que l’on contrôle grâce à des visualisations ou à des mantras.

On ne fait donc pas que travailler sur le corps. La mise en place de tous ces éléments peut sembler assez complexe, et cela nécessite en effet une grande maîtrise, une grande concentration. À l’inverse du lâcher prise me direz-vous ? Et bien oui…

On peut considérer que dans un premier temps l’effort est nécessaire avant de parvenir à suivre la voie du non-effort. Le hatha yoga est souvent défini dans les textes traditionnels comme « la voie de l’effort violent », une définition qui colle mal à l’image qu’on en a aujourd’hui. Le but final n’est pas la détente mais la cessation des activités du mental. Et au départ, il faut bien contrôler cette activité mentale pour qu’à terme elle se taise d’elle-même.

Passer de l’effort au lâcher prise

Le yoga et la méditation ne sont finalement pas très différents des autres disciplines : pour acquérir un savoir, une compétence, on répète des milliers de fois la même chose jusqu’à ce que le geste soit fluide, jusqu’à ce que l’action puisse être accomplie avec grâce et sans aucun effort visible. Ce n’est qu’au prix d’un grand travail que l’on peut lâcher la technique qui a fini par devenir un réflexe, par faire partie de nous, et que l’on peut laisser notre intuition nous guider.

Dans le yoga de Patanjali, la voie du yoga est considérée comme un chemin balisé de 8 étapes (littéralement 8 « anga », 8 « membres »), à suivre dans l’ordre. Comme des seuils que l’on ne peut franchir tant que l’étape suivante n’a pas été validée. Vous le savez, ce n’est pas ma vision pour les premiers anga mais je suis assez d’accord pour l’ordre des 5 derniers.

Je vous les rappelle brièvement :

1) Yama, règles de vie en société

2) Niyama, les règles que l’on s’applique à soi

3) Asana, la posture

4) Pranayama, la maîtrise du souffle

5) Pratyahara, le retrait (retournement) des sens

6) Dharana, la concentration

7) Dhyana, la méditation

8) Samadhi, l’arrêt des fluctuations du mental

Patanjali désigne l’étape ultime du voyage comme samadhi, l’état que l’on recherche, l’état où les pensées ne peuvent plus venir nous troubler. C’est un état que l’on ne peut atteindre avant d’avoir maîtrisé le 7ème anga qui est dhyana, la méditation.

Pour maîtriser dhyana, il faut être à l’aise en dharana, la concentration. J’en profite pour vous préciser que les « cours de méditation » sont en réalité des cours de dharana, de concentration où l’on s’entraîne à centrer son mental. Par essence, l’état méditatif ne peut pas être induit à la force de la volonté.

Pour être suffisamment concentré, il faut pouvoir calmer le mental. Quoi de mieux que le pranayama pour cela ? Pour aller vers l’état méditatif, on peut passer par le pranayama qui est quand même une grande pratique de contrôle. Si l’on installe correctement la pratique, c’est-à-dire en plaçant souffle, visualisation et mantra et que l’on lâche progressivement chacun de ces éléments au fur et à mesure que le mental se calme, il est possible de se concentrer finalement sur le souffle dans une certaine ouverture, un certain lâcher prise. Et c’est le pranayama qui nous guide jusque là !

Bref, si vous n’avez qu’une chose à retenir : le lâcher prise c’est bien, mais sans avoir acquis les techniques auparavant ça ne sert pas à grand-chose…

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