Anahata, le centre d’énergie du cœur

Anahata et le coeur

S’il y a un chakra qui a une importance primordiale non seulement dans le yoga mais dans toutes les traditions, c’est bien celui du cœur, qui répond en sanskrit au doux nom d’anahata (अनाहत). C’est le centre de l’ego, de la personnalité mais aussi de notre rapport aux autres. S’il dysfonctionne, ce sont ces différents aspects de notre vie qui peuvent être impactés. Bien sûr, chaque spiritualité y fait référence avec ses propres mots mais au final cela revient au même. On entend parler de l’ouverture du cœur, l’ouverture à l’autre, la compassion, etc.

Nous autres les yogis nous allons pour l’heure nous contenter d’un objectif plus modeste. Le travail sur la zone du cœur permet déjà de relâcher les tensions cristallisées au niveau de la poitrine, d’atténuer le stress et l’angoisse. Cette semaine, les dharana (concentrations) auront pour thème le centre du cœur. Pour éviter de noyer de théorie ceux qui ne cherchent que l’aspect pratique du yoga, j’expose donc la théorie sur le site, à disposition des curieux, élèves, ex-élèves ou lecteurs de passage 🙂

Anahata, la zone du cœur

Une simple image vaut mieux qu’un long discours ! Prenez quelques secondes pour regarder la représentation du centre d’énergie du cœur. Précision : nooon je ne pars pas dans un délire mystique, j’explique un symbole de manière extrêmement simplifiée.

anahata

Anahata ? L’étoile de David ? Cet hexagramme est un symbole qui a été interprété de dizaines de manières différentes. Certains affirment que c’est un signe occulte maléfique… Bon. Nous allons nous contenter d’une approche pragmatique.

L’étoile à 6 branches est constituée de deux triangles. Celui qui est pointé vers le bas représente l’énergie terrestre, féminine. Celui pointé vers le haut la conscience, le pôle masculin. Leur réunion au sein d’un même symbole est une belle image de la place de l’être humain sur Terre… Tout l’enjeu de notre existence est de trouver notre place, tiraillés entre notre part animale et notre aspiration au divin. Ni tout à fait animal, ni tout à fait dieu, l’Homme doit réconcilier ces deux tendances qui sont en apparence opposées.

Il est intéressant de noter également la place du chakra du cœur. Si l’on simplifie le système énergétique, on a trois chakras en-dessous qui gèrent les pulsions, l’aspect physique et concret des choses. On compte aussi trois chakras au-dessus d’anahata, il se situe donc à la limite entre les centres qui nous relient à l’animalité et ceux qui nous relient au divin.

Quant au symbole au centre des deux triangles entrelacés, il s’agit de la syllabe yam, le mantra ou bija relié au centre du coeur.

Un travail physique sur anahata

Si l’on parle simplement au niveau physique, la zone du cœur est le lieu où se cristallisent de nombreuses tensions. La respiration a tendance à se bloquer dans la poitrine, voire au niveau des clavicules. On sent littéralement la poitrine qui serre, la gorge qui se noue.

On peut déjà détendre une bonne partie des tensions simplement en y prêtant attention. Lorsque l’on est tendu, on peut commencer par observer la partie du corps qui se contracte. En relâchant ensuite volontairement cette zone (épaule, poitrine, plexus solaire), on ne supprime pas la cause de la tension mais on diminue déjà son importance. C’est un soulagement immédiat, qui doit bien sûr être complété par un travail de fond sur la vraie cause du problème, de la tension.

Stop aux cogitations. Toutes les belles qualités du cœur que certaines traditions nous invitent à développer ne s’obtiendront pas à la force de la volonté. Le développement de ces qualités est une conséquence de la pratique, pas un pré-requis. Ça ne sert à rien de tenter de se forcer d’être compatissant, aimant, d’humeur égale alors que l’on boue intérieurement. Une telle attitude ne ferait que renforcer l’égo en nous amenant à nous identifier à cette personnalité parfaite que nous aurions construite. Si nous sommes anxieux, en colère, tendu, la meilleure chose à faire est déjà de le reconnaître, puis de l’accepter.

Ensuite, on peut travailler sur le cœur. La voie du yoga passe par le corps. On ne va donc pas intellectualiser pendant des heures ! Des pratiques de pranayama comme le bhastrika thoracique ou shitali peuvent permettre de dénouer les tensions. Les pratiques de yoga pour travailler sur le cœur seront toutes les postures où l’on sent bien que cette zone travaille : la montagne assise, l’aigle, le balancier, la demi-lune, les flexions arrière, etc.

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