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On entend souvent parler des chakras, que ce soit dans le contexte du yoga, du bien-être, ou dans des discours plus « spirituels ». En sanskrit, cakra signifie « roue ». On visualise habituellement les chakras sous forme de roues d’énergie ; selon d’autres traditions iconographiques, ce sont des lotus. Le nombre de rayons (ou de pétales), les couleurs, les symboles géométriques et certains sons (bīja, « syllabes-germes ») servent de supports de concentration : en donnant à l’attention un cadre dans lequel évoluer, il devient plus facile de fixer l’attention tout en gardant une présence ouverte ; c’est donc une porte agréable à ouvrir sur l’immensité des pratiques méditatives. Le risque est de faire des amalgames entre différents niveaux de réalité, autrement dit confondre la carte et le territoire, et c’est assez fréquent, je trouve.
Ce que nous allons voir dans cet article
Les chakras délire mystique ou réalité ?
Podcast sur les chakras
Vidéo sur les chakras
Concept des chakras et enseignement du yoga
Pendant longtemps, j’ai été assez « tolérante » vis-à-vis de l’ésotérisme : déjà, je n’avais pas conscience que certaines personnes étaient persuadées que les chakras avaient une réalité matérielle. J’ai aussi pensé qu’il n’était pas nécessaire d’expliciter le flou, chacun ses croyances après tout ! Alors là-dessus, je suis toujours d’accord, chacun pense ce qu’il veut, mais il est important de présenter les informations nécessaires pour qu’un point de vue éclairé puisse se constituer.
Aujourd’hui, je préfère être plus claire sur mes croyances, sans les imposer bien sûr : pour moi, les chakras ne sont pas des organes invisibles qu’il suffirait d’« ouvrir » ou de « nettoyer ». Je les comprends plutôt comme des symboles opératoires, une carte intérieure : une représentation mentale qui aide à accéder à des dimensions de l’expérience qui ne se laissent pas saisir par le mental discursif seul.
En clair : je considère qu’ils sont des « trucs » pour court-circuiter une pensée qui va à 1000 à l’heure et qui ne cesse d’analyser, je les considère comme des outils permettant d’ouvrir une porte sur une vision plus intuitive et sensorielle du monde, et en particulier de nos états intérieurs. Leur évocation permet une approche non mentale (respiration, sensation, image, vibration, attention) vers des parts de soi habituellement confuses, refoulées ou inaccessibles. Et c’est précisément cette application qui m’intéresse.
Quant à l’enseignement, j’ai choisi de ne plus inclure cet outil dans les cours ou ateliers et de réserver sa présentation aux sessions de cours particuliers dédiés à la formation : je dispose ainsi de l’espace nécessaire pour discuter tranquillement de ce sujet sensible qu’est la représentation du corps dit « énergétique » dans le cadre du haṭha yoga. Vaste sujet, que je commence donc à aborder ici, mais qui mériterait bien plus. En réalité, je me rends compte des écueils de l’enseignement et c’est pour cela aussi que j’ai arrêté de donner autant de cours et surtout les cours collectifs : ce qui me semble évident est loin de l’être pour tout le monde et je peux malgré moi véhiculer des idées qui sont fausses ou qui, en tout cas, me semblent fausses, simplement parce que je n’ai pas eu le temps de nuancer suffisamment, ou parce que le multiniveau ne permettait pas de faire une proposition suffisamment personnalisée pour que chacun prenne le temps de cheminer à son rythme sur tous les concepts.
Comme toujours, le doute est permis et les remises en question vivement conseillées. Comme dit ma mamie, il n'y a que les imbéciles qui ne changent pas d'avis !
Comment définir les chakras ?
On définit souvent les chakras comme des points qui correspondent à une localisation dans le corps physique… mais qui ne se confondent pas totalement avec une structure anatomique. Dans les traditions yogiques (et notamment tantriques), les chakras appartiennent à un modèle du corps subtil : un ensemble de centres (cakra) et de canaux (nāḍī) dans lesquels circule le prāṇa (souffle/énergie vitale).
On peut résumer cela ainsi :
Le corps physique : muscles, os, organes, hormones, système nerveux…
Le corps vécu : sensations, tonus, émotions, images intérieures, impulsions, élans, inerties…
Le corps symbolique : une manière de cartographier le corps vécu à l’aide d’images (lotus, roues, couleurs, éléments, sons… et même divinités, yantra…).
Ces listes sont loin d’être exhaustives !
C’est surtout le corps vécu qui nous intéresse dans la pratique. Quand un texte dit « l’énergie monte » ou « le chakra s’ouvre », on peut l’entendre de façon littérale (ce qui entraîne vite des débats infinis), ou bien de façon phénoménologique : quelque chose change dans la manière dont je perçois, respire, ressens, réagis, me tiens, et me représente moi-même.
On trouve tout de même des correspondances intéressantes entre corps physique et « carte » des chakras, des analogies qui me semblent parfois intéressantes. Le chakra de la base, mūlādhāra, est associé à la stabilité, à la sécurité, à la vitalité fondamentale. Il est souvent rapproché de zones liées au stress et au tonus (bassin, plancher pelvien, lombaires). Anāhata (le centre du cœur) est associé à l’affectivité et à la relation ; et l’on constate effectivement que la cage thoracique, le diaphragme et la respiration se modifient fortement selon l’état émotionnel.
La pratique (postures, respiration, attention, relaxation, chant) agit sur ces plans de façon très concrète : elle modifie le souffle, le système neurovégétatif, la perception du corps, la qualité de présence — et, par ricochet, la manière dont certaines émotions ou schémas se déploient.
Combien y a-t-il de chakras ?
Tout dépend de qui les compte !
A priori, selon le système de représentation indien, beaucoup, trop pour les compter. Un chakra, c’est un carrefour si vous voulez, l’intersection de 2 nāḍī ou davantage (dans ce cas, c’est un rond-point). Comme selon les textes on compte entre 72 000 et 360 000 nāḍī, ça en fait des croisements potentiels… On note bien que de tels chiffres ne peuvent être que des conventions basées sur des chiffres symboliques et que prendre tout cela au pied de la lettre, c’est appliquer de façon bornée une vision occidentale à des concepts orientaux. Autrement dit, confondre des manières d’appréhender la réalité qui n’ont rien à voir, ce qui crée aujourd’hui beaucoup de confusions sur tous ces sujets dits ésotériques…
Le schéma le plus connu en Occident est celui des sept chakras « principaux » alignés le long de la colonne vertébrale (au sens symbolique, via la suṣumṇā nāḍī). Mais les traditions indiennes ont proposé plusieurs cartographies, parfois avec davantage de centres, parfois avec des subdivisions.
Les sept chakras « classiques » (dans la version la plus répandue) sont :
Mūlādhāra (base)
Svādhiṣṭhāna (bas-ventre)
Maṇipūra (plexus/ventre haut)
Anāhata (cœur)
Viśuddha (gorge)
Ājñā (front)
Sahasrāra (sommet du crâne)
Si une localisation doit être faite au niveau du corps physique, elle est plutôt située dans le dos. Mais comme il est difficile de dire « tel chakra se trouve à telle vertèbre », les points de repères sont tout de même pris sur l’avant du corps.
On accorde parfois une importance particulière à certains « nœuds » (granthi), c’est un lieu où quelque chose se serre, où l’énergie (comprenons : le souffle, l’attention, l’élan vital) se bloque, se détourne, et peut éventuellement se libérer une fois le nœud défait. Défaire un nœud, c’est alors retrouver de la fluidité, de la liberté.
Historiquement, un texte a beaucoup marqué la perception moderne des chakras : le Ṣaṭ-cakra-nirūpaṇa (souvent daté autour du XVIᵉ siècle), fréquemment cité dans les présentations occidentales. Mais il faut rappeler un point important : ces textes décrivent un univers de pratique (visualisations, mantra, rituels intérieurs) et non un manuel d’anatomie cachée !
Une représentation de la réalité qui nous est accessible
Commençons par une évidence souvent oubliée : les représentations classiques des chakras diffèrent selon les sources, et ces images ne sont que des représentations possibles d’une réalité intérieure.
Les chakras ne correspondent pas à une réalité physique comme des organes, même si certains rapprochements peuvent être proposés (endocrinologie, plexus nerveux, etc.). Les descriptions traditionnelles (lotus, pétales, couleurs, déités, formes géométriques, animaux symboliques) fonctionnent comme des supports de concentration et des langages de l’expérience. Désolée, j’insiste très lourdement là-dessus mais je pense que, par le passé, je ne l’ai pas assez précisé, alors je me rattrape maintenant.
Chaque chakra correspond à une ambiance, à une partie de notre réalité intérieure. Dans certaines pratiques tantriques, on les considère comme des espaces physiques, comme des paysages ou des pièces dans lesquels on entre. Je trouve que cette façon de faire est très belle, très poétique, et que cela opère une vraie transformation dans notre manière d’appréhender le monde ; on comprend alors, non pas seulement rationnellement mais vraiment profondément, viscéralement, que les points de vue ne sont que des points de vue, que les prismes peuvent changer nos perceptions de ce qui est du tout au tout.
En prenant conscience de ces espaces intérieurs de façon assez cadrée, avec méthode, pas simplement de l’immensité des pensées mais en formalisant ces différentes colorations, en leur donnant des noms et des localisations… on crée un accès, une porte possible vers ces forces, ces tendances, appelez-ça comme vous voulez, qui nous habitent. Pour moi, c’est une façon de faire très poétique, très sensible dans le sens où l’on va toucher très directement nos émotions, nos perceptions par la puissance d’évocations dont le mental n’a pas le temps de se saisir.
Ce qui est frappant, c’est la diversité des explications relatives aux chakras, à leurs visualisations, à leurs emplacements… en fonction des textes, des écoles et des périodes. On peut en conclure qu’il ne sert à rien de pinailler sur l’orientation du triangle du mūlādhāra ou sur la nuance de la couleur des pétales de maṇipūra (croyez-le ou non, je n’invente pas ces exemples…) sous prétexte qu’une visualisation erronée ferait dérailler la kuṇḍalinī ! Ce qui compte n’est pas le détail, mais plutôt l’accès à une perception de soi décalée par rapport à la réalité tangible. Suivant nos affinités avec telle ou telle ambiance, nous serons plus à même d’entrer dans ce monde intérieur, dans cette affinité avec les perceptions par la porte de tel ou tel chakra. Mais nous pourrions aussi bien en inventer, ou entrer par les nāḍī, les ādhāra, les bindu… Peu importe.
Sortir du connu est indispensable pour ne pas se prendre trop au sérieux ni se figer dans une identité, un rôle, des principes, autrement dit une image de soi rigide et réductrice.
Nous sommes une somme de contradictions : capables d’une grande générosité et d’un repli égoïste, très doux un jour, très durs le lendemain. Les chakras, compris comme carte symbolique, permettent de repérer ces tendances, de les nommer sans les réduire à une étiquette morale, et parfois de les transformer.
À ce titre, le système des chakras ressemble aux divinités de certaines voies bouddhistes ou hindoues : en personnifiant un ensemble de qualités, on peut y accéder. Ici, on ne personnifie pas forcément ; on « localise » et on « colore » l’expérience qui peut également faire appel à nos sens et à nos émotions : cette visualisation est loin d’être un acte purement mental ; et c’est pourtant cette caricature qui est appliquée le plus souvent aujourd’hui : on apprend plein de trucs sur les chakras et on les applique. C’est passer complètement à côté de cette possibilité d’entrer en soi. Ne perdons pas de vue la recherche du yoga qui est celle de l’intimité avec soi, intimité qui permet la connaissance réelle de ce que nous sommes une fois que l’on a laissé de côté tous nos artifices. Veillons donc à ne pas en rajouter !
Le chakra comme symbole : une porte « non mentale » vers l’expérience
C’est le point que je souhaite aujourd’hui mettre au centre.
Quand on aborde les chakras comme une croyance (« est-ce que ça existe vraiment ? »), on se condamne souvent à deux impasses : soit on y adhère sans esprit critique, soit on rejette en bloc en pensant que « ce n’est pas scientifique ». Or il existe une troisième voie, plus simple et plus féconde, que l’on a déjà évoquée jusqu’ici : les considérer comme des symboles utilisables dans le but d’opérer une prise de conscience.
Ils deviennent alors des supports pour l’attention permettant l’émergence d’une expérience. Pensez à une métaphore en thérapie, à une image en méditation, à une visualisation en préparation mentale : ce n’est pas « vrai » au sens matériel, et pourtant cela peut produire des effets mesurables dans la manière dont on ressent, décide, respire, agit.
Si l’on veut vraiment disséquer, on peut penser les chakras ainsi : (c’est réducteur, mais ça donne une ébauche)
• Ils donnent une orientation (un lieu dans le corps vécu).
• Ils proposent un registre (stabilité, désir, puissance d’action, relation, expression, lucidité…).
• Ils offrent un langage sensoriel (couleur, forme, vibration, souffle, son).
• Et ils ouvrent une porte non mentale : au lieu d’analyser, on sent ; au lieu de commenter, on habite.
Cette « porte non mentale » ne signifie pas anti-intellectuelle, on ne cherche pas à tuer le mental comme on l’entend parfois avec la fameuse réflexion « tu penses trop ». La proposition est simplement d’accéder à une connaissance qui passe par l’expérience directe. Le mental discursif est excellent pour planifier, comparer, argumenter, et exercer le très nécessaire esprit critique. Mais il est maladroit pour toucher ce qui se joue dans les couches profondes de notre être, ce qui est du registre émotionnel ou carrément de l’indicible, de tout ce qui ne peut pas s’exprimer dans le cadre restreint de notre langage. Là, le souffle et l’attention, la plongée en soi et le fait de tourner le regard vers ce qui est présent sans essayer de le nommer sont souvent plus efficaces qu’un raisonnement.
Passons maintenant à une section un peu plus concrète, parce que j’ai bien conscience que tout ce qui est énoncé jusqu’ici peut sembler assez désincarné.
Peut-on travailler avec les chakras sans tomber dans l’ésotérisme ?
Si l’on veut garder une approche claire, on peut se donner trois repères qui feront office de garde-fous.
1) Remplacer « croire » par « expérimenter »
Au lieu de se demander si un chakra est « ouvert », on peut se demander :
• Qu’est-ce que je ressens dans cette zone du corps ?
• Qu’est-ce qui change dans ma respiration ?
• Quelle émotion ou quel schéma apparaît souvent ici ?
• Qu’est-ce qui change si j’ajoute une image, une couleur, un son ?
• Quelle est la pensée qui m’occupe, quel est le processus responsable de l’enchaînement des pensées, son mécanisme ?
• Quelles associations de pensées se font spontanément (comme des synesthésies) sans que je ne cherche à faire correspondre cela à des schémas du type mūlādhāra = telle couleur (qui en plus change selon les écoles) = ancrage = son « LAM »… ?
2) Préciser le terme « énergie »
Je me moque souvent du mot « énergie » qui, pour moi, est utilisé par les yogis comme « truc », « machin » ou même… Schtroumpf ! Ben oui, c’est le mot magique sorti par les yogis pour remplacer à peu près tout ce qu’ils ont la flemme de nommer.
C’est pratique, je ne dis pas le contraire, mais ambigu. Dans un cadre pédagogique, on peut parler de dynamique respiratoire (ampleur, rythme, blocages), dynamique posturale (tonus, axe, appuis), dynamique émotionnelle (réactivité, fermeture, ouverture), dynamique attentionnelle (dispersion, fixation, clarté)… Liste non exhaustive !
On peut aussi s’appliquer à remplacer le terme énergie quand on s’apprête à l’utiliser par quelque chose de plus précis et concret.
Petits exemples :
Au lieu de dire « je n’aime pas l’énergie de telle personne », on gagne à préciser ce qu’on n’aime pas : son regard est inquiétant, sa façon de bouger me stresse, ou je pense qu’il y a un décalage entre son langage verbal et corporel et ça me met mal à l’aise.
Parfois la pratique du yoga peut entraîner des « perturbations », je ne dis pas le contraire ! Mais là encore, nous pouvons les préciser. Certains disent carrément « je sens l’énergie qui monte dans l’axe ». Ok… Moi je sens éventuellement comme un picotement ou une décharge à tel endroit précis de mon dos ; de là à en déduire que c’est une énergie sans trop savoir définir ladite énergie, il y a un monde. C’est peut-être un signal nerveux, peut-être autre chose, mais pourquoi s’échiner à déterminer la cause précise si on prône l’expérience et l’arrêt du mental discursif ? Je taquine, mais ça fait partie des contradictions récurrentes qui m’agacent dans le discours new age : d’un côté dire qu’il faut arrêter d’être dans le mental, et s’évertuer à tout expliquer quitte à trouver des explications bien alambiquées pour mettre des mots sur ce qui n’a pas forcément besoin d’être nommé.
Je vous laisse poursuivre…
3) Garder le corps comme critère
Un bon signe : la pratique vous rend plus présent et plus stable.
Un mauvais signe : la pratique vous rend obsessionnel, anxieux (« il faut absolument ouvrir mon chakra ! ») ou vous coupe du réel (« je n’ai plus besoin de dormir, je vibre haut »), amène un certain dogmatisme.
Revenir au ressenti est l’une des clefs pour ne pas s’embarquer dans une infernale spirale mystique (super nom de groupe de musique, vous ne trouvez pas ?).
Je suis personnellement assez fan des propositions simples comme celle de la voie du sentir de Luis Ansa, même si je ne suis pas d’accord avec tout et que même ça, ça me semble un peu perché, mais l’invitation à rester au quotidien très proche de ses sensations, à habiter pleinement son corps sans chercher à tout expliquer ou interpréter, c’est certainement très sage. On dit beaucoup que la théorie compte assez peu par rapport à la pratique, c’est en tout cas une opinion fort répandue chez les yogis. Dans ce cas, pourquoi passer un temps fou à lire des machins compliqués ou à se farcir la tête de symboliques qui changent d’un bouquin à l’autre ? Pourquoi ne pas revenir au corps ? Ah, c’est pas très stimulant intellectuellement quand on a l’habitude de chercher toute sa nourriture spirituelle dans ce que disent les autres, mais le message, si on l’écoute bien, invite toujours à la même chose : une grande simplicité, un retour en soi, une écoute, une sensibilité, un rappel à l’intériorité…
Conclusion
Les chakras ne sont pas, pour moi, des « objets invisibles » qu’il faudrait manipuler, je les vois plutôt comme des éléments d'une carte symbolique du corps et surtout une invitation à entrer en soi par la poésie, l’évocation, je dirais même la tendresse, la beauté, comme des clés capables d’ouvrir l’accès à des parts de soi qui ne se laissent pas approcher par les mots et l’organisation habituelle, un peu rigide, de notre pensée. C’est comme parler un autre langage pour parler à ce que certains appellent l’âme, ou ātman, enfin peu importe : entrer au cœur de soi, dans l’essence de notre être en essayant de le charmer, car les mots lui semblent vides de sens.










