J’ai bien conscience que ce titre a une drôle de connotation, mi philosophie-mi développement personnel, mais c’est pourtant bien de yoga qu’on va parler aujourd’hui. Comme vous le savez si vous lisez mes publications et que vous écoutez mes podcasts régulièrement, le yoga n’est pas cette gymnastique fade qu’on pratique dans des salles bondées sur des tapis colorés.

Ça, c’est la manifestation d’une infime partie d’un système de pensée riche et hétérogène que l’on a décidé de réunir sous le terme fourre-tout de yoga. Si ce mot semble échapper aux définitions, il cristallise tout de même bon nombre de clichés et de croyances, mais laissons ces digressions sémantiques pour aujourd’hui et considérons que par le terme « yoga », nous entendrons ici un système philosophique impliquant divers types de pratiques engageant le corps, le contrôle de la respiration et la conscience de l’activité mentale dans le but d’entrer en lien avec qui nous sommes vraiment, comment fonctionne le monde et comment l’interaction entre ces deux espaces qui ont bon nombre de points commun peut se faire de la façon la plus harmonieuse possible.

Une vision du yoga

Donc ce yoga nous donne des clefs, pas seulement pour nous contorsionner sur un tapis, mais aussi et surtout pour nous connaître. Loin d’être un but purement égoïste, c’est une façon d’expérimenter une forme de bonheur, mais aussi de contribuer au mieux au monde. C’est, si l’on peut dire, la proposition d’une collaboration gagnant-gagnant : connaître son essence, sa place, et l’occuper pleinement. En d’autres termes, comment faire pour mener une vie plus alignée avec qui l’on est profondément ?

Il y a certainement des milliers de manières d’approcher ces questions dans le champ très large de ce que nous appelons ici yoga, mais j’en ai choisi une qui me parle particulièrement et qui pour l’heure n’est pas très développée : la prise en compte de 3 dimensions que sont l’élan du désir, la connaissance vraie et l’action juste.

Iccha, jnana, kriya

Pour les connaisseurs et les sanskritistes, ces trois termes sont généralement nommés iccha (désir), jnana (connaissance) et kriya (action). Cette triade est parfois utilisée pour définir ce qu’est l’énergie.

Je vous propose de commencer par évoquer le contexte dans lequel ces termes prennent leurs racines, et nous pourrons ensuite les développer puis envisager des solutions concrètes pour donner corps à ces belles idées. En faisant cela, je ne suis pas en train de vous rédiger un plan de rédaction détaillé ! Je propose une illustration de ces principes dans la structure même de ce texte : voir quel est le désir qui motive à se renseigner, à envisager un changement.

Ensuite, il est nécessaire de se renseigner par tous les moyens à notre disposition pour prendre une décision éclairée, puis vient le temps de l’action, qui n’est pas un acte ordinaire, mais éclairé par la lumière de la connaissance précédemment développée.

La vision liée au tantrisme

On se penche ici, comme nous l’avons dit précédemment, sur la transmission du yoga non en tant que pratique, mais comme façon d’appréhender le monde et de s’envisager soi dans cet environnement.

Les courants de yoga, les écoles, les variantes, comme vous voulez… Sont multiples et je ne discute pas leurs valeurs. Pour ma part, je n’en connais réellement qu’un seul, qui est le courant tantrique, duquel est issu le hatha yoga tel que nous le pratiquons aujourd’hui, même si la forme qui est mise en avant n’est qu’un avant-goût des enseignements les plus transformateurs.

Le tantrisme est une proposition pratique, pour les gens qui vivent dans le monde.

Même s’il est illusoire de penser avoir LA définition parfaite, nous pouvons nous accorder sur une chose : le tantra propose une métaphysique dans laquelle le couple conscience-énergie occupe une place essentielle. Il propose des pratiques, loin des dogmes et de l’intellectualisation excessive.

Toutes les pratiques teintées de tantra ont cette particularité de ne pas imposer une vision rigide de ce qui est profane ou sacré. Ensuite, toutes les autres facettes du tantrisme pourront s’exprimer dans différents cadres, différentes religions ou systèmes de pensée. On parlera ainsi, le plus fréquemment, de yoga tantrique ou encore de bouddhisme tantrique. Dans l’absolu, nous pourrions accoler l’adjectif « tantrique » à n’importe quoi. Plus qu’un système de pensée figé, il s’agit d’une teinte, d’une ambiance, d’une coloration tantrique qui viendrait nuancer des systèmes religieux ou philosophiques existants.

La coloration tantrique, donc, permet de mettre l’accent sur le concret, l’alchimie, la transformation. Elle permet de soulever des questions nécessaires et peut nous aider à mieux vivre, pas seulement grâce aux réponses, mais plutôt grâce au chemin. Ainsi, penser seulement à la ligne d’arrivée, c’est se priver de l’essentiel, mais je vous concocte un autre podcast assez riche spécifiquement dédié à ce sujet.

Voilà pour le contexte !

Comprendre ce qu’est « l’énergie »

Revenons à notre triangle de l’énergie : iccha-jnana-kriya, principes qui forment un triangle dans le sens où tous trois sont liés. Vous savez, je ne suis pas une grande fan de l’utilisation du terme « énergie ». J’ai envie de vous proposer quelques mots pour en esquisser les contours, car je ne prétends pas expliquer ce que c’est : ce qui permet de se mouvoir, ou encore ce qui revêt une forme que nous pouvons appréhender. Voyons donc les trois composantes qui nous intéressent ici et essayons de leur donner corps pour qu’elles ne restent pas de vagues concepts.

Iccha, l’étincelle

Iccha est ce qui précède, c’est une impulsion, un jaillissement de l’être. C’est une pulsion de l’expression de soi. Il faut d’abord se reposer dans la conscience pour avoir cette impulsion, elle ne peut pas naître d’un esprit troublé ou agité. Quand on exerce une activité qui est nourrie par iccha, elle nous régénère au lieu de nous fatiguer. Sans cela, pas de joie de vivre.

Cette impulsion a quelque chose de similaire avec la spontanéité de l’enfant. Que dirait un enfant dans chaque cas ? Il aurait envie de s’adonner à chaque activité pour le plaisir qu’elle lui procure, sans calcul, sans but autre que le fait de profiter de la joie de cet instant.

On met souvent l’accent sur l’action désintéressée avec plein de belles théories et le problème est souvent, à mon sens, pris à l’envers. Ce n’est pas seulement à nous de travailler pour apprendre à agir de façon désintéressée (j’entends par là, sans autre intérêt que l’action elle-même, c’est-à-dire aimer l’acte et non l’accomplir uniquement dans le but d’en recueillir les fruits).

Une partie de nos efforts pourrait aussi être consacrée à savoir ce qui nous anime profondément. Je ne parle pas de la méga mission de vie qui donnera magiquement un sens à votre existence. Je ne parle pas des idées, mais de ce qui est.

Pour savoir ce qui compte actuellement pour vous, ce n’est pas en vous asseyant devant une feuille pour écrire vos valeurs et objectifs que vous trouverez les réponses, c’est en observant les actes que vous accomplissez réellement dans votre quotidien et ce qui les motive. Si vous bossez 15 heures par jour en disant que la famille passe avant tout, c’est peut-être vrai si ce sacrifice au travail est effectué pour subvenir aux besoins de votre famille. Sinon, c’est peut-être que dans l’idée vous aimeriez être davantage avec votre famille, mais qu’en réalité le travail vous captive ou vous accapare davantage. Ceci est dit sans aucun jugement, mais c’est juste un cas pris pour illustrer que cette réflexion profonde sur nos buts et nos aspirations profondes est finalement assez simple : il suffit de quelques jours pour connaître vos « préoccupations » du moment. Libre à vous ensuite de les modifier, de satisfaire les besoins profonds de manière différente, ou de continuer à agir de même.

Toute cette digression pour dire qu’iccha ne se contrôle pas, iccha émerge. On ne décide pas de s’éprendre de quelqu’un, il faut une étincelle pour que le feu prenne et c’est cela, iccha : une étincelle, brève, fugace, insaisissable, mais qui nous prend et à laquelle on ne peut se dérober sans se trahir. Baigner dans iccha, c’est la lune de miel, le temps où tout semble parfait, l’enthousiasme pour un nouveau travail, un nouveau partenaire, une nouvelle activité… Une nouvelle marque de yaourt, si vous voulez !

La connaissance, c’est le pouvoir

Jnana, c’est la lumière de la connaissance qui vient pondérer ce feu de joie. Jnana est le moule, la contrainte créative qui permettra d’évaluer si le feu peut durer ! Jnana est la connaissance, elle peut prendre diverses formes, pas uniquement intellectuelles. Disons que c’est l’information qui nous arrive par tous les moyens à notre disposition.

Pour qu’ iccha soit activée, c’est-à-dire pour que cette poussée, cet élan primordial ne rejoigne pas le cimetière des idées avortées (le mien est immense), il faut qu’elle soit modelée par jnana, la force de la connaissance. C’est maîtriser la forme, se soumettre à une discipline pour ensuite permettre une expression d’iccha. Sans cela, l’énergie n’est pas assez dirigée.

Reprenons notre exemple de l’enfant qui est enthousiaste à l’idée de dessiner, par exemple. Avec iccha, il prend une feuille et barbouille. Avec jnana, il apprend à faire des formes, à exprimer ce qui le traverse, les harmonies de couleurs, etc. On voit jnana de façon très positive, mais dans cette phase de recueil des connaissances, il faut ajouter juste assez de bois pour que l’étincelle d’iccha puisse s’épanouir.

Si on en apporte trop tout de suite, c’est-à-dire si on étouffe l’élan créatif sous le poids des contraintes, il ne pourra pas perdurer. Je pense que la plupart de nos élans s’arrêtent ici. Il est normal que tous les élans ne soient pas nourris de façon égale. Un tri s’effectue, c’est sûr, mais si aucune graine ne se transforme en arbre, il faut veiller à ne pas écraser toutes les jeunes pousses.

Personnellement, je crois que ma limite est là : les élans sont nombreux, mais l’envie de mettre en forme, le désir de structure est si fort que ces élans sont trop contraints pour se développer. Certains ne mettront pas assez de structure, d’autres pas de la bonne manière, chacun a sa manière de « travailler » la matière brute issue d’iccha. Il n’y a pas de réponse toute faite, vous commencez à en avoir l’habitude, car une réponse ne peut être que personnelle. L’observation est la meilleure conseillère, et avant de rectifier, mieux vaut connaître le terrain.

Place à l’action !

Kriya, c’est l’action, ce qui matérialise. Il est possible de noter une différence entre karma qui est l’action motivée par le résultat qui va finalement restreindre la liberté, car nous sommes désormais attachés à un but dont et kriya qui est un acte libre, qui « ne produit pas de karma », libre, spontané, sans calcul, qui ne laisse pas de « traces » dans le sens où cette action étant faite pour elle-même, elle n’occupe plus l’esprit une fois réalisée.

Au lieu d’être obnubilés par un but à atteindre, nous avons simplement posé une brique, pour le plaisir de cet acte, même si cela ne servira pas à construire un mur. Dit comme ça, ça peut paraître un peu absurde. Mais moi qui ai grandi au bord de la mer, combien d’heures, même adulte, ai-je passé à construire des châteaux de sable ? Nous avons tous nos châteaux de sable, ces activités auxquelles nous nous adonnons pour le seul plaisir, sans quête d’une réalisation, d’un gain, d’une reconnaissance.

Le yoga, ou toute pratique spirituelle effectuée comme une offrande qui serait faite dans la joie et débarrassée de toute forme de calcul, est kriya.

Petit point sur le karma

La notion de karma est ici centrale. J’ai une vraie allergie aux termes sanskrits qui sont passés dans le langage courant et qui ont été simplifiés à l’extrême, donc je ne parle pas du karma comme d’un retour de bâton : le karma n’est pas un comptage de points qui permettrait de mesurer le poids de notre âme en vue du jugement dernier ! C’est simplement l’ordre des choses, une cause peut entraîner diverses conséquences et nous pouvons à notre petit niveau orienter la tournure des événements en fonction de notre force, de notre influence, de notre détermination…

Le but du jeu de la vie, s’il y en a, n’est pas de produire quantité de « bon karma », c’est-à-dire de s’enchaîner au monde par de nombreuses actions jugées « positives », mais plutôt de privilégier les actions libres et spontanées, expressions pures d’iccha, au profit de celles qui sont réalisées de façon calculée.

L’action qui crée une sensation de contraction, de fermeture, n’est pas libre. Si l’on est dans l’attente d’un résultat, d’une réciprocité ou d’une reconnaissance, une part de nous est enchainée, dépendante du résultat. C’est le dessin réalisé pour qu’on nous complimente, le « yoga » que l’on fait pour maigrir, le jardin entretenu pour se nourrir sans plaisir de cultiver ou pour impressionner les voisins avec les plus belles fleurs, ou la randonnée effectuée dans la douleur avec pour seule perspective le beau paysage après 6 heures d’ascension (ou simplement pour dire qu’on l’a fait).

Le monde actuel nous pousse beaucoup dans ces travers : il y a une nécessité croissante de productivité, de linéarité, de régularité, d’optimisation du temps. Pas de place pour l’action spontanée, la beauté qui touchera tous nos sens, le vide, l’espace.

Retrouver la voie de l’action spontanée

On est tous foutus, alors ? Mais non, mémé yogini vous donne ses recettes miracles. Comme toute recette indienne qui se respecte, il faut commencer par prendre de la bouse de vache et du ghee, et ensuite… QUOI ? Vous ne me croyez pas ?

Se foutre la paix

C’est à mon sens le meilleur conseil que l’on puisse donner, mais il n’est pas si simple à appliquer. Ne pas transformer ses loisirs en trucs productifs (par exemple, la musique uniquement pour les concours, la natation uniquement pour les médailles…), se demander si on apprécie le chemin et pas seulement le but, c’est un travail de chaque instant. Et pour autant, une saine compétition, la recherche d’un but n’est pas à exclure complètement, elle donne un peu de sel à la vie !

Sans jnana, pas de possibilité de mettre en forme durablement, pas de possibilité de faire grandir l’étincelle d’iccha. Tout est question de dosage et le dosage est propre à chacun.

Personnellement, je suis très motivée par les accomplissements parce que je voue un culte à l’ordre (enfin, une forme d’ordre, qui est liée au « rangement des idées »), donc pour m’épanouir, il est important de vérifier de temps en temps la direction et d’avoir une feuille de route. Le cadre doit être assez large, non étouffant.

Il y a des disciplines où je me moque du résultat : par exemple, je joue très mal du piano, mais je m’en fiche, c’est mon activité détente. Je ne compte pas me produire devant un public, sauf peut-être en attendant le TGV à la gare. Je n’ai donc ni plan, ni cours, ni contrainte. En revanche, pour l’écriture, j’ai plusieurs projets littéraires sur le feu et donc des "objectifs" à atteindre. Il faut donc (et encore plus lorsque l’on décide de « jouer » à plusieurs) offrir à ces projets un cadre un peu mieux défini.

Transformer cette écoute en connaissance

Ce podcast pourrait n’être qu’un simple divertissement, ou porter les germes d’une transformation. Garder en tête ce triangle et ausculter chaque projet sous l’angle d’iccha, jnana et kriya est un bon exercice. Histoire de ne pas me faire allumer par les puristes, j’en profite pour déclarer ici que ceci est une introduction, les concepts sont simplifiés, c’est assez caricatural, mais il sera encore temps plus tard de continuer à raffiner la compréhension de ces concepts. Voyez ceci comme un premier pas.

A mort le développement personnel !

Jeune adulte, j’ai plongé dans les affres du « dev perso » tant j’étais désespérée dans ma quête de sens et j’y ai laissé quelques plumes. Ces injonctions et ces beaux principes ont alimenté quelques névroses et j’ai remplacé l’écoute par l’injonction. Cela vient certainement d’un manque de maturité et de compréhension, de recul et de nuance. Voir l’humain comme une machine et sacrifier nos impressions, nos « défauts » et nos limitations sur l’autel de la sacro-sainte efficacité, c’est se tromper de dieu.

Se remplir de vide

Laisser du vide dans sa vie est essentiel, et pour compléter le point suivant, cet espace de « rien » et d’écoute de soi est nécessaire. Cela peut prendre diverses formes, c’est facile, gratuit, et pourtant j’ai l’impression que c’est un luxe qui devient de plus en plus rare de nos jours. Cela peut sembler ennuyeux, mais ça n’a pas à l’être, disons que l’ennui n’est pas un gage d’efficacité dans cette recherche du rien. C’est plutôt l’émergence d’idées et le crépitement des étincelles d’iccha qui sera le signe que ces espaces ont été profondément régénérants ! C’est s’asseoir à une terrasse de café, se promener, arroser les plantes, cuisiner… Sans rien dans les oreilles, sans stimulation supplémentaire, mais avec un esprit présent, sans tension, ouvert. Ce que l’on pourrait appeler état méditatif, et il n’est pas nécessaire de déménager dans une grotte ni de s’asseoir en lotus pour y goûter.

Trouver son guide intérieur

Holàlà, le titre trop mystique…

Je veux dire par cela apprendre à reconnaître les sensations d’ouverture et de fermeture, trouver la boussole interne que nous avons tous et apprendre à l’utiliser pour prendre nos décisions. Les panneaux indicateurs sur la route peuvent indiquer une fausse route, ou vous forcer à prendre une autoroute alors que vous rêviez de cette petite départementale toute jolie.

On ne peut pas faire l’économie de l’écoute de soi sans à un moment ou à un autre en subir les conséquences. Ce n’est pas forcément dramatique, mais on a vite fait de se retrouver à côté de ses pompes ou dans celles de quelqu’un d’autre et faire machine arrière demande alors encore davantage de temps, de courage et d’énergie. Se remettre fréquemment à l’écoute de cette boussole interne permet d’éviter les grands virages brusques qui nous déstabilisent inévitablement : on préfère une conduite fluide, avec des petits changements de direction faciles à faire et à encaisser.

Se donner un cadre assez large

Prenons un exemple, vous avez la lourde responsabilité de garder un bébé. La vie de ce petit être turbulent qui rêve de mettre ses doigts dans la jolie prise électrique ou de faire plouf dans la piscine est entre vos mains. Vous avez plusieurs options, par exemple le placer dans un parc avec tous ses jouets, ou bien l’attacher dans un siège.

Dans le premier cas, il va peut-être râler un peu, mais il aura un espace suffisant pour s’épanouir en toute sécurité, entouré de ses jouets, libre de ses mouvements.

Dans le second cas, il se sentira emprisonné, aura peut-être du mal à respirer, et sera dans l’incapacité de bouger. Vous l’avez compris, si vous devez vous garder vous-même, préférez le parc à la chaise. Un besoin de baliser le chemin dans ses moindres détails est dû à la peur.

Lâcher doucement nos certitudes et notre besoin de contrôle aide à trouver cette ouverture, desserrer les nœuds et faire de la place pour laisser iccha s’exprimer.

Se laisser le temps de digérer

On est négligeant avec ce qui n’est pas physique, car les conséquences sont moins visibles : si on ingurgite trop de vidéos YouTube, on ne prend pas 10 kg ou on ne souffre pas d’indigestion pendant 3 jours. On se sent mal et vaseux, mais le lien n’est pas toujours fait et les conséquences à long terme pas toujours mesurées. Quelle que soit la nourriture qu’on donne au corps, aux émotions ou à l’esprit, un temps est nécessaire, et il peut varier selon chacun et selon les périodes, pour les assimiler et voir si cela est bon pour nous.

Si nous n’avons pas le choix, on peut prendre du bicarbonate ponctuellement ou pratiquer la méditation, qui peut être utilisée comme une sorte de bicarbonate mental, bien que je refuse de la résumer à cela !) : pour ça, il faut déjà avoir identifié le problème.

Tout ce qui entre en nous, toutes ces informations et stimulations ne sont pas anodines. Identifier qu’il s’agit de nourritures mentales permet de mieux sélectionner. À quand un nutriscore pour les contenus que l’on consomme ? On pourrait dire qu’une vidéo concise et choisie sur l’un de vos centres d’intérêt est en A, tandis que la dernière émission de téléréalité obtient un E.

En bref

Si vous avez survécu jusque-là, félicitations ! Maintenant, au boulot, merci de ne pas considérer ce podcast comme de la junk food mentale, mais comme un plat préparé avec amour qu’il vous faut maintenant mâcher longuement. Voici en bref ce que nous avons vu.

Nous avons exploré les concepts de iccha, jnana, et kriya, qui nous aident à aligner nos actions avec notre véritable essence. Nous avons vu qu'iccha, ou impulsion créative, doit être nourrie par la conscience pour nous régénérer, tandis que jnana structure cette énergie par la connaissance et la discipline. Enfin, kriya matérialise ces énergies en actions spontanées et désintéressées. Pour vivre en harmonie, il est essentiel de distinguer les actions motivées par des attentes de celles qui sont libres et joyeuses, et de laisser de la place pour la spontanéité dans nos vies. Trouver le bon cadre, se ménager des espaces de vide, cultiver la conscience au quotidien, développer l’écoute de soi sont des moyens qui permettent tout simplement de mieux vivre, de retrouver le sens dans un monde qui semble parfois absurde et de remettre une pincée de joie dans un quotidien un peu terne.