Le yoga, sans compromis?

En lisant un livre de Taisen Deshimaru, j’ai senti l’urgence d’écrire un article. Parce que la manière dont il décrit le zen fait écho à ce que je pense concernant le yoga. Je m’explique : il pense que le zen ne doit pas se mettre au niveau de ceux qui veulent le modifier, que c’est à nous de nous adapter à l’enseignement. Et je m’excuse par avance pour ce petit coup de gueule.

 

vous appelez encore ça du yoga?
vous appelez encore ça du yoga?

Du zen au yoga, même combat : vers plus d’authenticité.

De la même manière, le yoga ne devrait pas s’adapter (enfin, ce n’est que mon avis). Seulement, si on ne le modifie pas pour qu’il colle à nos vies, nos exigences et nos modes de pensée occidentaux, il y a beaucoup moins d’adeptes, et on ne peut pas en faire un business lucratif comme c’est le cas actuellement.

C’est d’ailleurs une des raisons pour lesquelles j’apprécie particulièrement l’école natha : pas de concessions, et les grands maîtres natha préfèrent voir disparaître une lignée plutôt que de recruter des disciples à tout prix.

Pas très démocratique tout ça…

Oui, je pense que l’on va m’accuser de vouloir réserver le yoga à une élite. Après tout, le fait que le yoga ait de plus en plus d’adeptes n’est-il pas une bonne chose?

Ma réponse est très personnelle, mais je pense que non. Ou alors il faut changer les noms que l’on donne aux disciplines enseignées actuellement… Dire que le Bikram reste du yoga, excusez-moi mais ça me ferait un peu mal. Alors que si une amie m’informe qu’elle pratique de la « gesticulation frénétique en maillot de bain enfermée dans un sauna », ça me choque beaucoup moins. Et je suis même prête à reconnaître que ça l’aide à se sentir mieux.
Franchement, tous ces types de yoga qui ressemblent davantage à de la gym, c’est très bien, je ne nie pas que cela puisse apporter certains bienfaits aux pratiquants. Mais non, ce n’est pas du yoga. Tout simplement parce que le yoga a été victime d’un marketing agressif : non, ça ne sert pas uniquement à être bien et à se détendre. En revanche, c’est un effet secondaire qui peut se produire, plus de bien-être.

Mais la véritable quête qui peut amener à pratiquer le véritable yoga, elle est d’ordre spirituel. Désolée, on est loin des clichés des magazines avec des filles hyper bien foutues en bikini qui s’évertuent à effectuer les postures les plus improbables. Et non, je ne fais partie d’aucune secte, mais je crois réellement que cette manière de penser et d’approcher cette discipline est la bonne, et que la vision que nous en avons en occident a été faussée. Quand je vous dit que le yoga n’est pas fait pour tout le monde…

Vous avez dit spiritualité?

Alors le yoga, ça sert à quoi? Difficile à exprimer d’une manière qui ne heurte pas trop nos sensibilités d’occidentaux… Enfin si je veux être cohérente avec ce que je revendique dans cet article, après tout, je m’en fiche un peu et il faudra bien appeler un chat un chat. Le yoga, ça sert à rencontrer le divin. Ça sonne un peu « secte », votre allergie à la religion vous dicte d’arrêter immédiatement la lecture de cet article? Courage, plus que quelques lignes.

Quand je parle de divin, je ne dis pas qu’on va voir des petites lumières et atteindre l’extase dans la posture de l’arbre par l’opération du saint esprit. Je dis simplement qu’en étant plus à l’écoute de son corps, en pratiquant les asanas, les respirations et les concentrations adéquates, on peut s’extraire des automatismes et des conditionnements afin de développer une autre vision des choses, plus juste. Et après avoir enlevé toutes les couche de vernis qui recouvrent notre être profond, ( celles qui viennent de notre éducation, de nos actions, de la société, etc…) on est en mesure de voir le monde d’une manière plus juste et donc de subir beaucoup moins les événements, et par conséquent de souffrir beaucoup moins.

Voilà c’est fini, vous avez vu c’était assez soft : je ne vous promets pas la cessation complète de la souffrance ni l’éveil dans cette vie, je ne vous parle pas de réincarnation ni de karma, j’expose ma vision des choses. Et vous, quelle est la vôtre?

Sacrifié sur l’autel du marketing, relégué au rang de produit de consommation et réduit à un objectif de bien être, le yoga pratiqué actuellement n’est à mon humble avis qu’un bien pâle reflet de ce que le véritable yoga, la véritable union (non dualité, donc) a à nous offrir.

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