Virabhadrasana, la posture du guerrier

Virabhadrasana, la posture du guerrier (oui, mais pacifique)

Ceux d’entre vous qui pratiquent le yoga frémissent déjà à la simple évocation de l’une des postures du guerrier 😀 Car non, une ne suffisait pas, il a fallu en inventer 3. Une série de postures exigeantes que vous aurez certainement beaucoup plus envie de pratiquer une fois que vous aurez pu apprécier la beauté de sa symbolique.

Virabhadrasana, le guerrier part au combat

Mais un combat contre qui, contre quoi ? Le seul ennemi qui doit être combattu est la peur. À priori, la voie du yoga qui prône la non-violence (ahimsa) n’est-elle pas éloignée de tout aspect guerrier ? J’ai envie de dire que non, le yogi, celui qui a une véritable recherche de connaissance, doit affronter bien des démons (souvent intérieurs) avant de parvenir à atteindre la libération. Il n’est pas ici question de violence mais de dépassement de certaines limites.

Qui est Virabhadra ?

Je peux désormais mettre à profit mes nouvelles connaissances en sanskrit ! « Vira » signifie héros », « bhadra » peut se traduire par « ami ». Etymologiquement il n’est donc pas question de guerrier mais plutôt d’un héros amical. Tout est une question de point de vue, et pour mieux comprendre cela je vais vous raconter une histoire :

Shiva avait pour épouse Sati. Daksha, le père de Sati, n’approuvait pas cette union. Un beau jour Daksha décida d’organiser un sacrifice pour honorer tous les dieux, sauf Shiva.

Remettons les choses dans leur contexte, le brahmane Daksha était très attaché à l’ordre, à la morale tandis que Shiva peut symboliser la puissance de destruction et la transgression des règles établies. Au-delà des conventions et de la morale, il est vénéré et craint.

Sati demanda à son père de les inviter elle est son époux mais Daksha tint bon et refusa. Désespérée, Sati se jeta dans le feu qui devait servir à la cérémonie. Shiva, en colère et malheureux d’avoir perdu sa femme, créa alors un guerrier du nom de Virabhadra pour laver l’affront de Daksha. Le guerrier se rendit au sacrifice et décapita le père de Sati.

De nombreuses forces s’élèvent alors contre lui mais il parvient à remplir sa mission : ramener le corps de Sati dans la demeure de Shiva, en haut de l’Himalaya. Grâce à son courage, à sa persévérance, à sa foi en Shiva, il a réussi à accomplir cette tâche difficile.

Les 3 postures du guerrier

Commençons par préciser que les postures de Virabhdra ne se retrouvent pas dans toutes les écoles de yoga ! Les plus traditionnelles ne reconnaissent pas cette posture dans les 84 qui sont traditionnellement enseignées. Virabhadrasana, elle n’est apparue que très récemment dans les écoles de yoga, seuls les styles les plus « modernes » l’ont adoptée.

Virabhadrasana se décline en trois postures. La première représente le héros lors de son arrivée sur le lieu du sacrifice, il a la ferme intention de combattre.

 

 

Dans la seconde posture, le guerrier aperçoit Daksha.

 

 

Pour le guerrier III, le mouvement vers l’avant est celui que fait Virabhadra lorsqu’il décapite Daksha.

Les effets de virabhadrasana

Les effets des différentes postures de Virabhadra se font sentir aux 3 niveaux : physique, énergétique et mental.

Ces postures permettent de développer l’ancrage et l’équilibre, l’attention est portée sur le bas du corps, sur la répartition du poids et sur la stabilité. L’intention que l’on met dans ces postures est importante : le regard est fixe sur la main face à soi (ou les mains dans la première version), les yeux sont bien ouverts pour une fois ! Ce n’est pas une attitude de défiance mais la traduction par la posture de ce sentiment de confiance, de stabilité que l’on cherche à cultiver en soi.

Au niveau du souffle, les postures des guerriers représentent un véritable challenge ! La respiration ujjayin est la bienvenue. La traduction d’ujjayin est d’ailleurs « souffle victorieux ou encore « vainqueur de la mort » (oui, je vais vous saouler avec le sanskrit maintenant !). Pour adopter une respiration lente et régulière, il faut maintenir la présence, la concentration, et… avoir un certain entraînement qui mettra la patience du guerrier à rude épreuve. Si l’on place correctement les bandha, on sent que l’énergie stable et puissante de la terre s’éveille dans ces postures.  On notera aussi que les guerriers font travailler anahata, le centre d’énergie du cœur… Étrange pour un guerrier ? Pas tant que cela car bien souvent nos plus redoutables ennemis se trouvent en nous-même.

Au niveau mental, les variantes de virabhadrasana permettent de développer ténacité et volonté. Cette posture est censée améliorer la confiance en soi (particulièrement vrai pour les postures I et II qui travaillent l’ancrage et la stabilité).

À vos épées (yoguiques), soyez prêts à trancher les ennemis (attachements, conditionnements) pour permettre au guerrier d’ouvrir son cœur.

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