Temps cyclique, temps linéaire : gérez votre temps différemment

 

Une autre vision du temps !

Tournons en rond pour revenir sans cesse au point de départ. Quelle est l’utilité de se presser si l’on revient sans cesse à ce point, à cet instant ?

La vision du temps en Inde est cyclique et non linéaire. Qu’est-ce que ça implique me direz-vous, le temps reste bien le temps ? Et bien ce n’est pas si simple. En partant du principe que le temps est bien une construction humaine, mentale, on comprend alors qu’il peut être appréhendé de différentes manières.

Le temps linéaire, une vision qui prédomine en Occident

Vous vous souvenez des frises chronologiques reprenant tous les grands faits historiques que l’on fabriquait à l’école pour bien visualiser les grandes périodes de l’histoire ? Et bien c’est la plus belle représentation du temps chez nous, une ligne. Je me permets de soulever une question : où commence-t-elle, où finit-elle ?

Le temps cyclique, qu’est-ce que c’est ?

Divisons le temps en cycles

Un temps où il n’y a ni commencement ni fin, où tout est un éternel recommencement. Cela ne signifie pas que les mêmes choses se reproduisent inlassablement mais plutôt que les mêmes tendances, les mêmes énergies, les mêmes cycles reviennent.

En Inde par exemple, le temps est divisé en kalpa. Un kalpa correspond à un jour dans la vie de Brahma (le créateur), soit environ 4 320 000 000 année « humaines ». Chaque kalpa et chaque sous-cycle constituant les kalpa suit le même processus : création, expansion, apogée, déclin, destruction. Le temps est ensuite découpé en mahayuga et en yuga.

Les 4 yuga

La théorie des yuga est intéressante : l’humanité évoluerait suivant des cycles prédéfinis.

Durant le premier âge, le krita yuga, l’harmonie est présente et l’homme vit dans un monde bisounours en communion avec la nature et les éléments. C’est un peu le jardin d’éden, le paradis originel.

Ça se gâte ensuite à l’ère du tréta yuga où l’homme commence à (accéder au fruit de la connaissance ?) vivre plus égoïstement. La vertu est mise en danger.

Le dvapara yuga est le cycle suivant, le déclin continue jusqu’à arriver au dernier cycle, le kali yuga (le cycle actuel, paraît-il). Là, c’est la fin, une ère où la vertu et la connaissance sont complètement oubliées.

Le kali yuga, c’est la loose alors ?

Une vision un peu manichéenne me direz-vous ? Il vaudrait mieux vivre à l’âge d’or du krita yuga qu’à l’heure actuelle ? Les indiens ont tout prévu en rédigeant des textes adaptés à chacune de ces ères afin de guider ceux qui le souhaitent vers la connaissance.

Pour le kali yuga, ce sont les tantra qui sont d’actualité. On dit aussi que lorsqu’aucune difficulté ne se présente, il est difficile de progresser sur la voie spirituelle. En suivant ce raisonnement le kali yuga serait donc la meilleure période. Et n’oublions pas que la destruction est nécessaire pour laisser place à une nouvelle création…

Un autre exemple de vision cylclique : la vie humaine. Si l’on adopte la théorie de la réincarnation, on adhère parfaitement à cette vision cyclique. Tout n’est qu’un éternel recommencement. Même si l’on ne se souvient pas des vies passées et que notre nouvelle forme n’a pas grand-chose à voir avec la vie précédente, les cycles sont présents. Après tout, cet éternel recommencement n’est rien d’autre qu’un jeu de lego : les atomes se séparent puis se rassemblent, puis se séparent, puis se rassemblent… C’est peut-être ça, la réincarnation 😀

Linéaire ou cyclique ?

Le temps est-il linéaire ou cyclique ? Je n’ai pas la prétention de vous apporter une réponse mais nous pouvons observer le monde dans lequel nous vivons. Tout dans la nature fonctionne de manière cyclique. Les saisons, les phases de la lune, la révolution de la terre, le déroulement des journées, etc. Notre vie est-celle cyclique ? La vieillesse serait-elle un retour en enfance ?

Je vous laisse découvrir un article d’Olivier Meier sur la vision du temps en Inde et en Occident : un résumé en quelques ligne de toutes les incompréhensions qui peuvent naître entre deux cultures dont la vision du temps est si diamétralement opposée, notamment lorsqu’il s’agit de gérer des projets professionnels.

Peut-on adopter le temps cyclique en Occident ?

On en conclue que la vision du temps cyclique est quand même plus sympa que celle du temps linéaire. Je ne sais pas pour vous, mais moi ça me paraît plus cool. Le problème c’est qu’au niveau pro, ça peut vite poser problème…

Si j’arrive en cours en disant à mes élèves « certes, j’ai 30 minutes de retard mais la vie est un éternel recommencement, nous aurons de nouveau cours ensemble la semaine prochaine », je ne suis pas sûre qu’ils apprécient.

La montre nous dicte nos journées, quel que soit le métier que l’on a choisi, même si c’est le métier le plus génial du monde (ne cherchez pas, c’est prof de yoga). Objectif : réconcilier le temps cyclique et le temps linéaire. On peut garder les deux approches. Comprendre que le temps linéaire est purement fonctionnel. Qu’il n’est qu’un moyen de s’accorder avec les autres dans les projets utilitaires. Dans le même temps, on peut adopter le temps cyclique pour soi. Utiliser le temps linéaire pour la production tout en ayant conscience que le temps est cyclique, qu’il n’y a nulle part où arriver, que nous y sommes déjà.

L’approche de la physique quantique va encore plus loin en mettant en évidence l’inconsistance du temps. Le temps n’existe pas, c’est aussi simple que cela. Le temps serait donc un concept humain mais pas une réalité physique. On constate que la notion de temps et l’importance d’une gestion du temps rigoureuse varie beaucoup suivant les cultures, un fait intéressant qui fait relativiser cette importance donnée au temps en Occident.

Le culte de la productivité

Le fait de considérer le temps comme linéaire a une implication importante : le désir de progression, d’avancer. Voyons les choses autrement. Si nous voyons le temps comme un mouvement cyclique, le fait d’avancer signifie simplement que l’on tourne en rond plus rapidement. Qui serait pressé de tourner en rond ? Alors que si le temps est une flèche tirée vers un avenir qui n’a rien de commun avec le passé, il y a fort à parier que l’on soit attiré vers cet inconnu, vers cette « progression »… Au risque d’oublier le moment présent.

Je trouve que ce désir de progresser à tout prix, d’aller de l’avant au détriment de l’instant que l’on vit donne l’étrange impression que l’on se précipite avec impatience vers la mort. Qu’est-ce que la fin de cette ligne si ce n’est la fin de la vie ?

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