Quel est le sens de la vie ?

Vaste question que celle du sens de la vie… Les 4 purusarthas sont les grands buts de l’existence humaine. Que l’on adhère ou pas à ces principes, leur étude peut nous amener à nous interroger sur le sens que nous donnons à notre propre vie à une époque où la question du sens émerge souvent de l’absurdité du quotidien.

Le yoga donne une réponse à cette question que les Hommes se posent depuis toujours, « quel est le véritable sens de la vie ? ».

Dharma, le devoir

Le premier des quatre sens de la vie est le dharma ou dhamma. Le dharma, c’est le code de conduite que chacun doit commencer par suivre pour atteindre moksa, la libération. Le dharma c’est la loi sous toutes ses formes que l’on doit respecter non par peur des châtiments divins mais par conviction et par respect pour soi : celui qui ne respecte pas le dharma se nuit à lui-même. Le dharma est la loi qui permet de régir une société, la loi morale, mais également la loi universelle, celle de la nature dont les causes nous dépassent. Le but du dharma est de maintenir équilibre et harmonie dans tous les systèmes. On peut ainsi voir plusieurs niveaux de dharma : le respect de son corps est un type de dharma (respect des lois biologiques), le respect des autres est lié au dharma qui prend le sens de loi, microcosme et macrocosme sont régis par des dharmas.

Le terme de dharma est utilisé dans les religions bouddhistes et hindouistes. Il peut avoir un sens religieux. Dharmalyon fait référence aux lois de la création, aux grands principes que l’être doit respecter non pas sous la pression sociale mais pour se préserver de tout ce qui peut lui nuire. Un dharma interne en quelque sorte, la reconnaissance de ce qu’est pour chacun de nous une action juste. Pour moi, l’application du dharma suppose une connaissance de ses valeurs et un effort constant pour s’y conformer en toute situation. La vie prend alors un sens très différent et chaque action du quotidien aussi banale soit-elle prend un sens très différent, pour ainsi dire sacré.

Artha, l’acquisition de biens matériels

Aussi étrange que cela puisse paraître, acquérir des biens matériels, fonder une famille et faire partie intégrante de la société est l’un des buts de l’existence pour les yogis. Nous sommes ici bien loin des ascètes et des renonçants… Notons quand même que cette recherche de stabilité ne doit pas mener à l’envie d’accumuler (avarice) et ne constitue que l’une des étapes de la vie d’un yogi. Après l’apprentissage des lois qui se fait à l’enfance et à l’adolescence, l’adulte doit ensuite subvenir à ses besoins matériels et vivre une vie où il est pleinement intégré au sein d’un groupe. Les renonçants qui n’ont pas connu cette étape n’ont finalement renoncé à rien… Pour renoncer, il faut dépasser une tendance et non la refouler.

De nombreux pratiquants du yoga surimposent leur vision judéo chrétienne sur le yoga et en arrivent à la conclusion suivante : l’argent c’est mal, la spiritualité c’est bien. Ce rejet de tout ce qui est matériel ne correspond absolument pas au yoga : les yogis cherchent le non attachement mais le rejet est lui aussi une forme d’attachement… La philosophie du yoga est logique : comment poursuivre un but de connaissance de soi et du monde si l’on n’arrive même pas à subvenir à ses besoins primaires ?

Kama, le plaisir

Le tantrisme met suffisamment l’accent là-dessus mais cette notion de plaisir est souvent mal comprise. Sans plaisir et sans joie, aucune motivation ne nous anime. Le désir n’est pas refoulé, c’est même l’un des thèmes qui revient le plus souvent dans les pratiques de yoga nidra par exemple. Passons au crible les notions de désir et plaisir dans le yoga.

Le désir est l’une des caractéristiques de l’humanité. Nos actions ne sont que les reflets de nos désirs. Les désirs modèlent nos vies, qu’ils soient réalisés ou qu’on ait été forcés de les abandonner, de les refouler. Le yoga, au lieu de les écarter, propose de les connaître : trouver les désirs fondamentaux dont découlent les désirs mineurs permet de se concentrer sur l’essentiel et de ne pas perdre de l’énergie à satisfaire tous les petits désirs mineurs sans remonter à la racine même de ces désirs qui nous rongent parfois. Les désirs nous forgent et créent notre personnalité, d’où l’intérêt de les explorer et de les comprendre lorsque l’on est dans une démarche de connaissance de soi.

Moksa, la libération

Libération de quoi, sommes-nous réellement emprisonné et qui est emprisonné ?

La prison des attachements, celle des conditionnements, les liens qui nous enchaînent au samsara, au cycle perpétuel des renaissances. Celui qui atteint moksa n’est plus incarné : il ne naît plus sous quelque forme que ce soit. Cette dissolution qui est la recherche fondamentale du yoga effraie quelque peu en occident : comment des hommes et des femmes peuvent-ils chercher si ardemment toute leur vie durant à n’être plus rien ? Ce désir de vide et de dissolution est difficilement compréhensible dans notre contexte culturel. Le jiva, l’âme, le soi véritable, le spectateur qui regarde le corps agir et l’esprit s’agiter va retourner au tout, à l’univers, ne plus être emprisonné dans une particularité.

Ces 4 buts sont généraux et la question du sens de la vie de chacun reste très personnelle, leurs manifestations sont à définir selon chacun ! Personnellement, je trouve que cela fait sens : une vie où l’on ne renonce à rien mais dans laquelle on recherche la connaissance et la compréhension de nos conditionnements pour mieux nous en affranchir… 

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