La relation de maître à disciple (2/2)

Suite à un premier article sur la /relation de maître à disciple, nous approfondissons la réflexion et partons à la recherche des influences qui nous gouvernent. Faut-il rejeter toute forme d’autorité, s’affranchir de tous nos maîtres qu’ils soient extérieurs ou intérieurs ?

Une vision anarchiste ?

Etre libre de toute influence et être son propre maître c’est une vision bien tentante. Mais est-ce réellement souhaitable ? La vision un peu sulfureuse de l’anarchiste écorché vif qui ne se soumet à rien ni personne est très sexy mais ce qu’on recherche c’est le bonheur et la libération, pas la reconnaissance ni l’admiration.

Prendre conscience des influences qui nous impactent, ce n’est pas nécessairement toutes les rejeter. Ne pas avoir de cadre, c’est avoir un cadre bien contraignant… Je m’explique. Et je vais prendre mon exemple parce que c’est assez parlant.

Je travaille de chez moi depuis presque un an, donc au départ je me suis un peu laissée aller comme tous les indépendants je crois, persuadée que le fait de ne pas avoir d’emploi du temps était la liberté suprême. Quand on regarde de plus près, on se rend compte qu’en agissant ainsi on est bien soumis à un type d’influence : nos désirs et nos caprices deviennent nos maîtres, on ne va pas dans le sens de nos objectifs de long terme mais dans la satisfaction de nos « besoins » immédiats. On peut manger toute la journée n’importe quoi, même quand « ce n’est pas l’heure » ou que nos encas défient toutes les règles de la diététique. On peut regarder des films tout l’après-midi et travailler toute la nuit, se lever à midi et sortir tous les soirs, mais nous ne faisons que répondre à nos désirs, est-ce cela la liberté ? Ne serait-ce pas plutôt l’absence de désir, de ce besoin impérieux d’obtenir telle ou telle chose dans la minute ?

Au final dans les deux cas nous sommes bien gouvernés par des forces internes… Le fait de se laisser porter par le courant et de vivre au jour le jour est une expérience bien sympa tant qu’elle ne se prolonge pas. Pour avancer, accomplir des choses et mener une vie disons plus « consciente », il faut se fixer un cadre.

La relation de maître à disciple au quotidien

Le tantrisme ne prône pas le retrait de la vie mondaine, au contraire : les émotions sont autant d’occasions de travailler sur la nature de notre esprit et donc d’évoluer. Ça me conforte dans l’idée que nos maîtres ne sont pas extérieurs (même si on peut parfois être guidé par une personne qui est plus avancée sur le chemin de la connaissance) mais intérieurs et que l’on en apprend plus à travailler sur nos émotions et nos réactions que de toute autre manière.

Nous pouvons interroger notre rapport à l’autorité, aux personnes qui sont présentes dans notre vie, aux influences extérieures que nous subissons. Dans un premier temps, une simple prise de conscience suffit et ce n’est pas aussi simple qu’il n’y paraît. Vous avez surpris dans le métro une discussion entre deux inconnus qui vous a interpellée, un membre de votre famille vous a fait une réflexion qui vous a touchée plus qu’elle n’aurait dû, vous avez menti sur un détail insignifiant sans trop savoir pourquoi… Ce sont des pistes de réflexion et la prise de conscience, le fait de s’avouer à soi-même que telle ou telle situation a eu une influence sur nous c’est déjà un grand pas. Dans un second temps, il peut être intéressant de travailler sur la manière de répondre à ces influences, mais ce sera l’objet d’un prochain article !

En conclusion, nous pouvons amener un peu plus de conscience dans nos vies ce qui est, je vous le rappelle, l’objectif premier du yoga, nous pouvons choisir de remettre en question cette relation de maître à disciple au quotidien.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

CommentLuv badge