Le yoga sans cours de yoga

On limite trop souvent la pratique aux seuls cours de yoga. Mais en réalité, le but est d’exporter le plus possible la pratique quelle qu’elle soit (yoga, méditation, pranayama, yoga nidra, etc.) dans la vie quotidienne. Une recherche de continuité entre les cours de yoga formels qui entretiennent la flamme et la vie de tous les jours, le terrain d’expérience pour mettre à l’épreuve les techniques apprises.

La pratique du yoga, vers l’unité, vers l’immobilité

Le yoga est une recherche d’unité, d’harmonie et d’immobilité. Nous avons à notre disposition 3 grands outils pour trouver cet état : le corps, l’énergie, le mental. On travaille sur le corps grâce aux postures, appelées asana. L’asana est comme un yantra, une figure géométrique : on donne une forme au corps, on le met dans une configuration particulière.

Souvent la pratique du yoga s’arrête là, à la maîtrise des asana que l’on essaie de peaufiner, de perfectionner comme une jolie chorégraphie. En fait ce n’est que le début du chemin ! La pratique des asana seule est intéressante du point de vue de la santé (enfin, avec modération, c’est comme tout). Mais pour les personnes qui ont une recherche de sens, de compréhension d’eux-mêmes, ce n’est pas suffisant.

Le yoga ne rejette pas le corps, c’est notre outil, il faut en prendre soin. Pour pouvoir trouver l’immobilité le corps doit impérativement être en bonne santé. Les asana sont un moyen d’obtenir cet « état de santé minimum » pour pouvoir pratiquer sans que notre corps ne nous gêne.

La respiration, le point clef de la pratique

Pour travailler sur l’énergie, le plus simple est d’utiliser le souffle. C’est le pranayama (maitrise du souffle) qui peut nous aider. On peut déjà commencer simplement par prendre conscience de son souffle, le ramener dans le ventre, et l’observer tout au long de la journée.

Ensuite des exercices spécifiques permettent de travailler sur la respiration, chacun nous permettra de développer une énergie particulière. Le but n’est pas de beaucoup respirer : on essaie à l’inverse de travailler avec le moins d’air possible. Toujours cette recherche d’immobilité !

Discipliner le mental pour trouver l’immobilité en soi

Enfin le travail sur le mental est encore plus intérieur. C’est la concentration (dharana) et la méditation (dhyana) qui peuvent nous aider ici. Discipliner le mental à la seule force de la volonté est quasi impossible, c’est pourquoi on voit en général les asana et le pranayama dans un premier temps. Une fois que le corps est tranquille et que le souffle est calme, nous avons un peu plus de chance d’observer quelques instants d’immobilité mentale. La méditation, ce n’est pas créer le vide : c’est observer le mouvement des pensées, mais aussi observer les vides entre les pensées. S’il y a des pensées c’est bien, sinon c’est bien aussi. C’est plus un état que l’on recherche : un état de recul, d’acceptation où l’on est capable de reconnaître et d’accepter tout ce qui vient. On ne cherche pas à ne pas penser. On observe, silencieusement.

Lier les 3 niveaux, recherche de synchronisation

Une fois que les 3 niveaux (corps, énergie, pensée) sont bien synchronisés, on expérimente une certaine paix intérieure. Les cours de yoga permettent de goûter cela : il est possible et relativement facile de synchroniser un mouvement, un souffle et d’ajouter une concentration pour discipliner le mental. Mais le yoga est une discipline qui ne se limite pas à la pratique formelle. C’est aussi une invitation à trouver cet état d’harmonie tout au long de la journée (ou de la nuit pour les pratiquants assidus du yoga nidra !). Un bon exercice pour ceux qui n’ont pas le temps de pratiquer.  En vous y essayant vous vous rendrez vite compte que ce n’est pas si simple dans un monde en perpétuel mouvement de trouver cette qualité d’immobilité intérieure et de recul.

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