yoga et méditation

Yoga et méditation, quel lien entre ces pratiques ?

Yoga et méditation semblent étroitement liés dans un monde où tout est bon pour apporter un peu de bien-être et où l’on fait un amalgame des philosophies orientales qui sont pourtant bien distinctes. Dans le hatha yoga traditionnel, la méditation a bien sa place mais elle est davantage une conséquence de la pratique que le résultat d’un effort acharné !

Ça sert à quoi, la méditation ?

Comme pour le yoga, l’objectif de la méditation telle qu’on nous la présente est l’arrêt de l’activité du mental. Certains diront que son but ultime est la connaissance de son soi profond, d’autres qu’elle permet l’union de Shiva et Shakti… C’est très joli tout ça, mais ce n’est pas en pratiquant 5 minutes par jour que l’on peut espérer atteindre moksha. À notre niveau, ce que l’on appelle méditation mais qui n’est en réalité que de la concentration sur un objet (le plus souvent, l’objet en question est le souffle) nous permettra déjà de s’ancrer dans l’instant, de se libérer de certaines tensions, de mieux appréhender le quotidien. Alors oui, c’est moins ambitieux, mais beaucoup plus pragmatique.

C’est quoi, méditer ?

Je n’utilise pas le terme de méditation en cours mais plutôt celui de dharana, concentration. Dans le hatha yoga, les concentrations sont souvent bâties sur le même modèle : nous portons notre attention sur plusieurs objets, le souffle, un son, une flamme, etc. et le support de concentration devient de plus en plus léger, fin est subtil. Le souffle qui était grossier au départ se subtilise grâce à des visualisations qui l’amènent à se réduire. La dernière étape, c’est d’approcher l‘arrêt du souffle et du mental.

La méditation, c’est l’étape qui suit une concentration. Un état qui s’impose à nous, que l’on ne peut pas à notre niveau reproduire sur commande. Ce n’est bien évidemment pas quelque chose qui est abordé en cours même lorsqu’il s’agit de cours avancé de yoga.

Yoga et méditation, aborder la concentration en cours

En cours de yoga, on ne va pas chercher à atteindre le samadhi ! Le but de cette approche de la méditation est vraiment d’apporter davantage de détente et de concentration. Personnellement j’ai l’habitude de placer une concentration plutôt en fin de cours après un souffle qui calme le mental comme kapalabhati ou murcch’ha debout, une fois que le corps est bien étiré et que certaines tensions se sont relâchées.

Déjà, je n’inclue pas systématiquement de dharana dans un cours de yoga : certains élèves viennent avant tout pour l’aspect physique du yoga et je préfère réserver les quelques temps d’assise dans le cours pour effectuer des pranayamas. Yoga et méditation sont liés mais l’objectif n’est pas de forcer les élèves à pratiquer les dharanas : les pratiques proposées en cours sont de simples découvertes, des outils que chacun est ensuite libre d’utiliser chez soi.

Une approche de la méditation

La concentration peut amener à la méditation, pour peu que l’on ne poursuive pas cet objectif à tout prix. Sans lâcher-prise, aucune chance de parvenir au délicieux état de dhyana… C’est donc, paradoxalement, lorsque l’on abandonne tous ses espoirs de « faire une belle méditation » et toutes ses résolutions de « bloquer à tout prix les pensées parasites » que l’on pourra quitter la simple concentration pour goûter à quelques secondes d’état méditatif. Ni trop tendu, ni trop relâché, il faut trouver cet état que l’on connaît tous et que l’on peut expérimenter dans la vie quotidienne : ces moments où l’on se sent particulièrement bien sans vraiment savoir pourquoi, où l’on a l’impression d’être ancré et à notre place. Si vous pouvez déjà identifier ces instants au quotidien, c’est un point de départ intéressant. Mieux vaut du moins les premières fois commencer la concentration dans cet état de détente vigilante, cette sensation d’équilibre.

Pour commencer, comme le préconise l’ashtanga yoga traditionnel, la voie des 8 angas ou membres du yoga, il faut préparer le corps ! Comment rester en assise si le corps n’est pas préparé ? Sans attendre de réaliser parfaitement toutes les asanas pour pratiquer la concentration, il est nécessaire de pouvoir rester au moins quelques minutes en assise pour commencer. La plupart des dharanas se pratiqueront sur un gathika (24 minutes) mais pour commencer, 5 minutes de vraie, belle concentration seront toujours plus profitables que 24 minutes de cogitation et de souffrance. Et progressivement, allongez les séances d’assise…

Aborder la méditation en pratiquant seul

Il est possible de pratiquer seul la méditation, mais il est toujours préférable d’avoir pu l’aborder quelques fois en cours auparavant. Lorsque l’on pratique chez soi, l’état de concentration est différent : certes, on ne subit pas le voisin de tapis qui renifle ou qui fait craquer ses chevilles mais on a rapidement la tentation de faire autre chose, on laisse plus facilement son esprit dériver et la gestion du temps est entre nos mains tandis qu’en cours on n’a qu’à se laisser guider… Une sensation de lâcher prise que l’on ne retrouve pas forcément lorsque l’on aborde la méditation en solo. Yoga et méditation sont deux techniques qui méritent d’être apprises avec un enseignant avant de se lancer seul.

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